L’Algérie pose le cadre: Une coopération économique gagnant-gagnant avec la France

Le patronat français est venu s’incliner à Alger. Le président du MEDEF, Patrick Martin, était l’invité de son homologue algérien Kamel Moula, président du Conseil du Renouveau Économique Algérien (CREA).
Ensemble, ils ont signé un communiqué commun appelant à une refonte profonde de la coopération économique entre les deux rives de la Méditerranée.
Dans un monde secoué par les tensions géopolitiques, les crises énergétiques et le défi climatique, l’Algérie et la France n’ont plus le choix : elles doivent intensifier et structurer leur dialogue économique.
Mais attention, cette fois-ci, c’est l’Algérie qui tient la barre. Le message est clair : des centaines d’entreprises françaises sont déjà présentes sur le sol algérien et y travaillent au quotidien, mais ce potentiel reste largement sous-exploité. Les deux patronats l’admettent : la relation actuelle est en deçà des capacités réelles des deux pays. Pourtant, les atouts algériens sont indiscutables. Une jeunesse brillante et nombreuse, des ressources naturelles abondantes, une position géographique stratégique au carrefour de l’Afrique et de l’Europe. À cela s’ajoute l’expertise technologique française.
La complémentarité est évidente. Mais l’Algérie n’entend plus être le simple fournisseur de gaz ou le réceptacle passif des exportations françaises.
Désormais, il s’agit de bâtir des partenariats de voisinage fondés sur la confiance, le partage des intérêts et la complémentarité. Traduction : l’Algérie veut des projets communs, du transfert de technologies, de l’emploi pour ses jeunes, et une coopération qui profite réellement aux deux parties.
Pour concrétiser cette ambition, le CREA et le MEDEF ont annoncé la mise en place prochaine d’un programme de travail sectoriel commun. Un outil opérationnel qui permettra de structurer la coopération filière par filière, entre entreprises algériennes et françaises. Les contours précis restent à définir, mais l’intention est forte : en finir avec les déclarations d’intention et passer à l’action.
L’Algérie, forte de sa stabilité retrouvée et de sa dynamique économique, se pose en partenaire incontournable. Aux entreprises françaises qui voudront jouer le jeu, la porte est ouverte. À celles qui croyaient pouvoir imposer leurs conditions ou traiter l’Algérie comme un simple marché de consommation, le message est tout aussi clair : ici, on négocie d’égal à égal.
La relance est lancée. Reste à savoir si la France saura saisir cette main tendue par Alger.
L. L.-E.