L’Algérie interpelle le Conseil de sécurité : « Le droit humanitaire n’est plus un choix, mais une nécessité existentielle »

Dans une intervention vibrante et sans équivoque, l’Algérie a élevé la voix, vendredi soir, dans les travées du Conseil de sécurité des Nations unies, dénonçant avec force le silence international face à la tragédie humanitaire en cours dans la bande de Gaza.
À l’initiative d’Alger, une réunion urgente a été convoquée pour alerter sur l’escalade dramatique des violences et la détérioration alarmante de la situation sur le terrain, dans un contexte marqué par une intensification des frappes israéliennes, occultées derrière le conflit avec l’Iran.Prenant la parole, l’ambassadeur d’Algérie auprès de l’ONU, Amar Benjamaâ, a dressé un constat glaçant : au 25 juin, plus de 549 civils ont été tués, la majorité abattus alors qu’ils tentaient d’accéder à des centres de distribution d’aide, gérés par « Gaza Humanitaire », une structure placée sous autorité de l’armée d’occupation. Le diplomate a présenté au Conseil des vidéos et des témoignages implacables attestant d’ordres directs donnés aux soldats pour ouvrir le feu sur des civils en quête de nourriture et d’eau.
Ces exactions, a-t-il souligné, ne sont ni isolées ni accidentelles, mais relèvent d’une stratégie méthodique qui s’apparente à des crimes de guerre.Dans une intervention particulièrement marquante, Benjamaâ a révélé que certains médias israéliens eux-mêmes commencent à documenter l’existence d’ordres militaires expliquant ces tirs meurtriers, battant en brèche la rhétorique des « enquêtes internes » brandie de manière récurrente par Tel-Aviv pour éviter toute responsabilité.
L’ambassadeur algérien est également revenu sur le meurtre, le 25 mars, de 15 soignants palestiniens, dont des membres du Croissant-Rouge, un crime que l’armée israélienne n’a reconnu qu’après la diffusion de vidéos accablantes prouvant son implication.Soutenu dans son propos par une déclaration du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres — « chercher à se nourrir ne peut en aucun cas être assimilé à une condamnation à mort » —, Benjamaâ a dénoncé une aide humanitaire symbolique, totalement insuffisante face à l’ampleur des besoins. Il a averti que les points de passage au sud de l’enclave sont transformés en véritables « pièges mortels », tandis que le nord de Gaza demeure totalement isolé, victime d’un blocus impitoyable qui s’inscrit, selon lui, dans une politique de nettoyage ethnique silencieuse.
En conclusion, le représentant de l’Algérie a appelé le Conseil de sécurité à sortir de son inertie et à assumer pleinement ses responsabilités juridiques et morales. Il a exigé des mesures urgentes et concrètes pour assurer la protection des civils, garantir l’acheminement de l’aide humanitaire, et rétablir le respect du droit international humanitaire, qu’il a qualifié non plus de simple impératif moral, mais de « nécessité existentielle ».

Farid B.