L’Algérie et trois pays s’unissent pour faire classer le chef-d’œuvre d’Ibn Khaldoun : La Muqaddima portée vers l’UNESCO

La Muqaddima, chef-d’œuvre incontournable d’Abderrahmane Ibn Khaldoun rédigé au XIVe siècle, fait l’objet d’une candidature commune pour intégrer le prestigieux Registre «Mémoire du monde» de l’UNESCO au titre du cycle 2026-2027.

Ce programme onusien dédié à la préservation du patrimoine documentaire mondial rassemble autour de ce projet quatre nations : l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte et la Turquie. Coordonnée depuis une année par la délégation permanente tunisienne, cette initiative transnationale inédite dépasse les habituelles querelles de paternité mémorielle pour célébrer la portée universelle d’une pensée partagée à l’échelle de toute une aire civilisationnelle.

Les quatre pays défenseurs du projet mettent en avant la valeur historique et scientifique exceptionnelle d’un texte considéré par les historiens comme l’acte de naissance de la sociologie et de l’analyse des sociétés.

À travers l’étude des cycles de puissance, des dynamiques urbaines et de la cohésion sociale, l’œuvre du savant continue d’irriguer la recherche scientifique contemporaine. Pour l’Algérie, cette démarche diplomatique et culturelle s’inscrit dans une volonté affirmée de sauvegarder et valoriser le patrimoine écrit ancien, dans la lignée des réussites récentes de rapatriement de manuscrits historiques.

L’implication de l’Algérie repose sur une légitimité géographique et historique fondamentale.
C’est en effet sur son sol, dans la région de Tiaret et plus précisément dans les grottes de Frenda, que Ibn Khaldoun s’est retiré durant plusieurs années à l’abri des querelles politiques pour concevoir et rédiger son texte fondateur.

La candidature se trouve désormais entre les mains du comité d’experts de l’UNESCO, qui évaluera l’authenticité et le rayonnement du document.
La décision finale sera rendue publique lors du Conseil exécutif prévu au printemps 2027, laissant aux diplomates et chercheurs plus d’un an pour consolider l’argumentaire scientifique du dossier.

Amina S