Grande Mosquée de Paris : Kamel Louafi expose«le Jardin oriental-islamique de Berlin»

La Grande Mosquée de Paris accueille depuis le 17 septembre et jusqu’au 15 octobre 2026, une exposition consacrée au «Jardin Oriental-Islamique de Berlin», œuvre du paysagiste Kamel Louafi. Le vernissage, ouvert gratuitement sur inscription, s’est tenu le mercredi 16 septembre de 18h à 20h, en présence de l’artiste, qui a échangé avec la journaliste Maya Zerrouki.

À cette occasion, son livre Le voyage des arabesques jusqu’au jardin oriental-islamique, éditions Salama, était proposé à la vente et en dédicace, avec la librairie Aïcha.
L’exposition se visite dans la salle Émir-Abdelkader, tous les jours de 9h à 18h sauf le vendredi, et son accès est compris dans la visite de la Mosquée.

Né à Batna, Kamel Louafi a d’abord étudié la topographie et participé, jusqu’en 1979, à un projet algéro-allemand d’inventaire forestier dans les Aurès. Il a ensuite étudié le paysagisme à l’Université technique de Berlin-Ouest, de 1980 à 1986.

Chef de projet au sein du cabinet MKW Paysagistes, il a notamment travaillé sur les jardins du Musée juif de Berlin, conçu par Daniel Libeskind, et sur ceux de l’école juive Heinz-Galinski, signée Zvi Hecker, avant de fonder son propre bureau berlinois en 1994.

Entre 1995 et 2020, il a réalisé, à la suite de concours remportés, plus de deux millions de mètres carrés de jardins, de parcs et d’espaces publics, à Berlin, Potsdam, Hanovre, Kassel, Brême, Hambourg, Rostock, mais aussi à Biskra, au Koweït et à Abu Dhabi.

Son exposition itinérante «L’Orient rencontre l’Occident», lancée en 2020, a fait étape entre 2022 et 2026 à Stuttgart, Berlin, Hanovre, Batna, Alger, Oran, Djelfa et Tunis, avant Paris en 2027 et Grenade en 2028.
En 2026, il figure parmi douze paysagistes choisis dans le monde pour le projet «Parlour Gardens» de Barcelone, consacré aux jardins sur les toits. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages en allemand, en anglais, en français et en arabe.

L’idée du jardin est née dans le sillage du 11 septembre 2001, à une époque où la haine envers les musulmans et le recours à la violence semblaient rendre la cohabitation des cultures presque impensable.
Hendrik Gottfriedsen, directeur de Grün Berlin, et Lutz Spandau, architecte paysagiste et directeur de la fondation Allianz, ont alors imaginé, à partir du plan directeur de Kamel Louafi, des jardins des religions au sein des Jardins du Monde, dans le but de dissiper les malentendus et de renouer le dialogue.
Le paysagiste dit s’être inspiré des oasis, qui l’ont toujours fasciné, et du jardin en creux qui en découle, complété par les quatre fleuves d’eau, de lait, de vin et de miel évoqués dans le Coran.

Son jardin célèbre les fleurs, les parfums et les couleurs, et retrace le voyage de la culture islamique à travers les siècles et les continents. Un itinéraire imaginaire part d’Alep, passe par Ispahan, Kairouan, Tlemcen et Marrakech, gagne l’Afrique et l’Asie, puis s’épanouit dans les jardins de l’Alhambra, avant d’être transporté symboliquement jusqu’à Berlin.

Son jardin des «Quatre Fleuves» devient ainsi un pont entre les cultures, un paysage de mémoire et de poésie où se rencontrent l’Orient et l’Occident.

A. S.