L’AIEA exige une coopération totale sur le dossier nucléaire: Pression internationale sur Téhéran

Le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) examine cette semaine un projet de résolution présenté par les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, visant à contraindre l’Iran à «coopérer pleinement» avec les inspecteurs de l’agence onusienne. Le texte, soumis hier mercredi, appelle Téhéran à respecter intégralement ses obligations dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Il exige notamment que l’Iran communique à l’AIEA des données complètes et actualisées sur ses matières nucléaires et ses installations, tout en accordant aux inspecteurs un accès sans restriction aux sites concernés. Cette initiative fait suite à un rapport sévère publié la semaine dernière par l’AIEA, dans lequel l’agence déplore avoir perdu toute visibilité sur les stocks iraniens d’uranium hautement enrichi. Selon ce document, les réserves d’uranium enrichi à 60% s’élevaient à 440,9 kg au début du conflit de juin, soit une augmentation de 32,3 kg depuis mai. L’Agence qualifie cette situation de «préoccupation sérieuse», susceptible de constituer une violation des engagements de Téhéran. L’AIEA a réaffirmé le caractère «indispensable et urgent» d’une reprise immédiate de ses activités de vérification, soulignant que l’accord de garanties liant l’Iran à l’agence «ne peut être suspendu sous aucun prétexte». En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rejeté ces accusations, assurant qu’«aucun site d’enrichissement non déclaré» n’existait en Iran. Il a précisé que toutes les installations nucléaires du pays restaient sous surveillance et qu’aucune activité d’enrichissement n’était en cours en raison des dommages subis lors de la guerre de juin.
Les puissances occidentales souhaitent envoyer un signal fort à Téhéran, alors que les inquiétudes persistent sur la transparence de son programme nucléaire. La perte de traçabilité des stocks d’uranium enrichi alimente les craintes d’une possible diversion à des fins militaires, en dépit des dénégations iraniennes .
M. M.