L’Afrique exige sa place: Appel pour un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU

Al’occasion d’un débat public de haut niveau du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a porté une nouvelle fois la voix d’un continent
exigeant justice.
Réuni sous le thème «Réaffirmer l’État de droit international», il a lancé un appel ferme et renouvelé en faveur de l’octroi d’un siège permanent à l’Afrique au sein de l’organe exécutif onusien, dénonçant une exclusion qui mine la crédibilité même du système international.
«Huit décennies après la création des Nations Unies, le maintien de l’Afrique en dehors de la représentation permanente constitue une injustice historique à son égard, et un problème fondamental de crédibilité et d’efficacité pour le Conseil de Sécurité lui-même», a déclaré Youssouf. Il a interrogé avec force : «Comment concevoir qu’un continent de 1,4 milliard d’habitants n’ait pas de voix dans les décisions qui déterminent son propre destin ?»
Réaffirmant la position unanime du continent, il a exigé un siège permanent jouissant de toutes les prérogatives, y compris le droit de veto, au nom de l’équité et de la justice internationale.
Au-delà de cette revendication structurelle, le responsable africain a plaidé pour un multilatéralisme revitalisé et fondé sur une coopération renforcée entre l’ONU et les organisations régionales, conformément au Chapitre VIII de la Charte.
«Nous nous réunissons à un moment charnière, marqué par la fragilité du système international, la banalisation des actions unilatérales et l’érosion de la confiance», a-t-il constaté, avant d’affirmer : «La position de l’Afrique est claire et constante en faveur du multilatéralisme. Aucun État, quelle que soit sa puissance, ne peut seul faire face à des défis transfrontaliers comme le terrorisme, le changement climatique ou les pandémies.»
Youssouf a souligné que l’engagement africain en faveur de l’État de droit et de la paix n’est pas théorique, mais se traduit par des actions concrètes.
Il a cité le déploiement de contingents sur le continent, notamment en Somalie, et salué la résolution 19-27 comme une «avancée historique» pour le partenariat ONU-UA.
Le recours croissant des États africains aux mécanismes judiciaires internationaux pour régler les différends témoigne, selon lui, d’une «confiance accordée à la primauté du droit sur la force».
M. M.