L’Afrique du Sud au sud : Une ambition assumée par l’Union africaine

Devant les délégations réunies à New York, Selma Malika Haddadi n’a pas mâché ses mots.
Pour la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine, il est désormais impératif d’institutionnaliser la coopération Sud-Sud et triangulaire, seule voie selon elle pour approfondir l’interdépendance économique entre pays du Sud et tirer pleinement parti de leurs avantages comparatifs partagés.

C’est en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, lors du Dialogue de haut niveau du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs consacré à l’après 2030 et au potentiel de la coopération triangulaire pour accélérer les objectifs de développement durable et l’Agenda 2063, que la responsable africaine a livré ce plaidoyer.
Mme Haddadi a rappelé que le deuxième plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063 traduisait une ambition assumée par l’Union africaine, celle de faire du continent un acteur influent sur la scène internationale.

Selon elle, cela suppose de renforcer les écosystèmes nationaux, d’affirmer la maîtrise africaine des programmes de développement et de promouvoir l’autonomie du continent, sans pour autant fermer la porte à un dialogue constructif avec la communauté internationale.
Alors que le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs prépare activement la quatrième édition du Forum africain de haut niveau sur la coopération Sud-Sud et triangulaire, l’Union africaine réaffirme, par la voix de sa vice-présidente, son plein soutien au renforcement de cet écosystème continental, au service de la prospérité économique, de la bonne gouvernance et d’un développement inclusif pour les populations africaines.

En marge de cette rencontre, Selma Malika Haddadi s’était entretenue avec le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier J. P. Nduhungirehe.
Les deux responsables ont mis l’accent sur la poursuite de la coopération en matière de réforme institutionnelle, de développement durable et d’intégration continentale, tout en insistant sur la nécessité de renforcer la voix, l’appropriation et l’autonomie stratégique de l’Afrique, dans la droite ligne des objectifs fixés par l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Lotfi L.-E.