Il y a dix ans, alors que le marché pétrolier mondial vacillait sous l’effet d’une offre pléthorique, notamment celle du pétrole de schiste américain, un accord signé à Alger allait redessiner durablement les règles du jeu.
Dans son bulletin mensuel publié hier dimanche, l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole revient sur cet anniversaire pour saluer ce qu’elle qualifie de véritable tournant stratégique sur le marché pétrolier mondial.
Pour le secrétaire général de l’organisation, Khaled Al-Otaibi, l’Accord d’Alger n’a jamais été une simple réponse conjoncturelle à la chute des prix.
Il a posé, dit-il, les fondements d’une méthode nouvelle dans la gestion des défis pétroliers, ouvrant la voie à un partenariat plus global et plus flexible entre pays producteurs, celui qui allait donner naissance à l’alliance OPEP+.
Ce que cette crise a révélé, souligne le secrétaire général, c’est qu’aucun rééquilibrage durable du marché ne peut naître d’actions isolées. Seule une coopération à grande échelle, fondée sur le dialogue, la confiance et le partage des responsabilités entre producteurs, permet de faire face à des chocs de cette ampleur.
Une décennie plus tard, le bilan parle de lui-même. L’alliance OPEP+ a traversé plusieurs phases de volatilité et d’incertitude en s’appuyant sur un suivi constant de l’offre, de la demande, des niveaux de stocks et d’investissement, ajustant ses décisions au fil des évolutions du marché.
Une constance qui a permis, selon Khaled Al-Otaibi, de démontrer que la coopération entre producteurs ne sert pas les intérêts d’une partie au détriment d’une autre, mais construit un marché plus équilibré et plus prévisible, garant de la pérennité des investissements, de la sécurité des approvisionnements et de la protection de l’économie mondiale face aux soubresauts brutaux des cours.
Dix ans après sa signature, l’Accord d’Alger apparaît ainsi moins comme un épisode isolé que comme la matrice d’une coordination collective désormais essentielle à la stabilité du marché pétrolier
mondial.
Samira G.
L’OAPEC salue un tournant stratégique à l’origine de l’alliance OPEP+ : Il y a dix ans, Alger changeait la donne pétrolière
