La reconnaissance des crimes coloniaux: Une condition « indispensable « aux relations apaisées entre l’Algérie et la France

Dans son discours à la Nation dimanche, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a réitéré avec force son exigence à l’égard de la France: la reconnaissance pleine et entière des crimes commis durant la période coloniale. Une revendication qualifiée d' »essentielle, voire indispensable » par le politologue Makhlouf Sahel pour la construction de relations saines et durables entre les deux pays.C’est lors de son passage dans l’émission « L’Invité du jour » sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne que M. Sahel a apporté son éclairage sur cette demande du chef de l’État.
« Cette exigence est indispensable si on veut construire une amitié solide entre l’Algérie et la France », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité pour l’ancien pays colonisateur de faire un travail de mémoire sur les pages les plus sombres de son histoire en Algérie.
Un préalable incontournable pour tourner la page
Selon l’analyste, ce devoir de reconnaissance représente un préalable incontournable pour permettre aux deux nations de tourner définitivement la page du passé douloureux qui les lie. Tant que la France n’aura pas pleinement assumé et condamné les exactions et crimes perpétrés durant la colonisation, le ressentiment et la méfiance persisteront, entravant toute perspective de réconciliation durable.
L’Algérie, dans sa quête de dignité, ne peut se contenter de demi-mesures ou de déclarations ambiguës de la part de Paris. Elle exige des actes forts, une prise de responsabilité historique sans équivoque de la part des autorités françaises. Une attente légitime, ancrée dans la volonté du peuple algérien de voir son combat et ses souffrances pleinement reconnus sur la scène internationale.
Un message ferme à la communauté internationale
Au-delà de la France, c’est également un message fort que le président Tebboune adresse à la communauté internationale. En insistant sur cette exigence, il rappelle avec force que l’Algérie, pays souverain et fier, ne saurait faire l’économie d’une reconnaissance pleine et entière de son histoire et des
sacrifices consentis pour son indépendance.
Pour M. Sahel, cette posture inflexible du chef de l’État algérien traduit la détermination du pays à ne plus transiger sur les questions mémorielles, considérées comme un préalable indispensable à l’établissement de relations saines et respectueuses avec ses partenaires internationaux.
En somme, la demande de reconnaissance des crimes coloniaux formulée par Abdelmadjid Tebboune n’est pas seulement une exigence à l’égard de l’ancien colonisateur. C’est un appel solennel lancé à la conscience universelle, une invitation à panser les plaies de l’Histoire dans un esprit de vérité et de justice. Un préalable essentiel pour que l’Algérie, forte de sa souveraineté retrouvée, puisse envisager l’avenir dans la sérénité et la confiance, aux côtés d’une France pleinement réconciliée avec son passé .
Malik.M.

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