Le théâtre régional Chebbah-Mekki de Biskra a ouvert ses portes à la magie des mots lors de l’édition 2025 du Festival culturel international de la poésie arabe classique. Placé sous le signe de la liberté, cet événement culturel majeur a résonné des vers enflammés de poètes venus célébrer l’art oratoire comme arme de résistance et d’émancipation.
La cérémonie d’ouverture, présidée par Mohamed Sidi Moussa représentant le ministre de la Culture et des Arts, a transformé la scène en tribune vibrante où se sont succédé les voix puissantes de la poésie engagée. Brahim Seddiki (Algérie), Asseel Mahmoud Saklaoui (Liban) et Raed Nadji (Palestine) ont captivé l’assistance par des textes où se mêlaient lyrisme et revendication, démontrant la capacité intemporelle de la poésie à porter les aspirations des peuples. Les chœurs dédiés à la cause palestinienne ont ajouté une dimension musicale à cette ode à la résistance.
Dans son allocution, M. Sidi Moussa a rappelé le rôle historique de la poésie comme « rempart contre l’oppression et caisse de résonance des luttes populaires ». « Des siècles durant, nos poètes ont forgé dans le creuset de la langue arabe des armes verbales contre le colonialisme, des hymnes à la dignité et à la justice », a-t-il souligné, rappelant que cet art demeure plus que jamais un ciment de l’identité arabe.
La mémoire des poètes disparus Othmane Loucif, Boubaker Mustapha Benrahmoune et Abdallah Boukhalfa a été honorée lors d’un hommage poignant, rappelant que les vers survivent à leurs auteurs pour continuer d’inspirer les nouvelles générations.
Cette édition rassemble une quarantaine de voix venues d’horizons divers : du professeur italien Simone Sibilio, passeur de littérature arabe, au Palestinien Nacer Atallah en passant par les plumes algériennes Idris Boudiba et Mohamed Bouteghane. Jusqu’au 17 avril, débats, lectures et performances se mêleront aux découvertes du patrimoine de Biskra, offrant aux participants l’occasion d’immerger leur création dans l’âme des Ziban. Plus qu’un simple festival, cette manifestation se veut un laboratoire vivant où s’expérimente la capacité de la poésie classique à dialoguer avec les enjeux contemporains, prouvant que les mètres anciens peuvent encore aujourd’hui porter les cris de liberté du monde arabe.
R.C.

