Le bureau d’Amnesty International en France a refusé de céder aux pressions médiatiques et politiques entourant l’arrestation, il y a deux semaines, de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal par la justice algérienne. Dans une déclaration publiée sur son compte officiel de la plateforme X (anciennement Twitter), Amnesty France a expliqué son positionnement en affirmant ne pas avoir encore pu « vérifier de manière indépendante les éléments liés à cette arrestation ». L’organisation a toutefois appelé les autorités algériennes à « clarifier les motifs de l’arrestation et à engager rapidement une procédure légale ou à libérer Sansal ». Malgré le climat tendu en France, marqué par des campagnes politiques d’extrême droite hostiles à l’Algérie, Amnesty France s’est abstenu de suivre cette rhétorique. Contrairement à certains responsables français, comme les ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères, qui ont réclamé la libération immédiate de Sansal, l’organisation a adopté une position équilibrée, refusant de s’impliquer dans ce qui semble davantage relever d’une instrumentalisation politique que d’un réel débat sur la liberté d’expression. La question légitime se pose : cette mobilisation aurait-elle été aussi forte
si Sansal avait pris position sur des questions sensibles, comme les frontières historiques de la Palestine ou la légitimité de la résistance face à l’occupation ? Ses déclarations auraient-elles été qualifiées de liberté d’expression ou, au contraire, d’antisémitisme, dans un système à géométrie variable selon les intérêts en jeu ?.
La neutralité d’Amnesty France face à l’affaire Boualem Sansal

