La France appelée à s’excuser pour ses essais nucléaires en Polynésie: Qu’en est-il de l’Algérie ?

Un rapport d’enquête parlementaire élaboré par des députés français sur les essais nucléaires de la France en Polynésie a conclu que « la France doit demander pardon à la Polynésie ». La commission d’enquête parlementaire a affirmé que les 193 essais nucléaires réalisés dans le Pacifique en trois décennies entre 1966 et 1996, ont entraîné de lourdes conséquences sanitaires et environnementales. Les auteurs du rapport ont recommandé de mettre en place une commission d’historiens et de chercheurs sur ces essais qui ont eu de lourdes conséquences sanitaires et environnementales. Ils proposent une batterie de recommandations sur la prise en charge et l’indemnisation des victimes ainsi que sur la reconnaissance des dommages environnementaux et leur réparation. La conclusion du rapport est sans équivoque : la France doit s’excuser et demander pardon. Qu’en est-il de l’Algérie ? Pourquoi le silence sur les essais nucléaires français en Algérie ne trouve pas celui qui le brise de l’autre côté de la Méditerranée ?
Le nombre des essais nucléaires effectués par la France entre 1960 et 1966, sous prétexte de la recherche scientifique, a atteint 17 explosions (4 en surface à Reggane et 13 souterraines à In Ekker), en plus d’autres essais complémentaires. Les essais en surface effectués à Reggane ont causé la pollution d’une grande partie du sud algérien et leurs effets se sont étendus jusqu’aux pays africains voisins, alors qu’un nombre d’essais souterrains a échappé au contrôle, ce qui a provoqué la propagation des produits de fission due à l’explosion et la pollution de vastes zones.
Les appels à la reconnaissance des dégâts provoqués par ces expériences, à la remise de la cartographie des sites concernés, à l’indemnisation des victimes et surtout à la décontamination des sites sont restés lettre morte. Le Président de la république, Abdelmadjid Tebboune, s’est exprimé sur les réparations relatives aux explosions nucléaires et à l’utilisation d’armes chimiques par la France dans le Sud de l’Algérie, il y a quelques mois. Il avait affirmé que c’est un sujet indispensable pour la reprise de la coopération bilatérale, appelant à régler définitivement ces contentieux.
« C’est indispensable. Le dossier de la décontamination des sites d’essais nucléaires est obligatoire sur les plans humain, moral, politique et militaire. Nous pouvions le faire avec les Américains, les Russes, les Indonésiens, les Chinois. Nous estimons que l’Algérie doit le faire avec la France qui doit nous dire avec précision les périmètres où ces essais ont été réalisés et où les matériaux sont enterrés », avait-il dit.
De nombreux appels ont été lancés afin de pousser Paris à s’excuser pour ses essais.
En tout cas, la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (Ican) et l’Observatoire des armements soutiennent que la commission d’enquête parlementaire sur la Polynésie ouvre une nouvelle page pour la vérité et la justice dans la prise en compte des conséquences sanitaires, environnementales et sociales des essais nucléaires .

Fateh H.