Malgré l’accord de cessez-le-feu en vigueur, la bande de Ghaza a été une nouvelle fois plongée dans l’horreur. En moins de douze heures, plus de 100 Palestiniens, dont environ 35 enfants, ont été tués dans une série de frappes aériennes israéliennes visant des habitations et des tentes de déplacés. Ce bilan tragique, confirmé par la Défense civile et plusieurs hôpitaux du territoire, ravive les craintes d’une reprise totale des hostilités.
La Défense civile de Ghaza, débordée par l’ampleur des destructions, a lancé un appel urgent à la communauté internationale pour exiger un cessez-le-feu immédiat et complet. Elle demande également l’ouverture de corridors humanitaires sécurisés afin de permettre l’acheminement de carburant, de matériel de secours et de fournitures médicales indispensables à la survie des blessés et au travail des équipes d’urgence.
Dans son communiqué, l’organisme insiste sur la nécessité de garantir une protection internationale pour les civils, les secouristes et le personnel médical, conformément aux conventions du droit humanitaire. Les frappes ont notamment visé la ville de Khan Younès, au sud de l’enclave, où le complexe médical Nasser a recensé 20 morts.
À Ghaza-ville, une frappe sur une maison du quartier Yarmouk a tué trois personnes, dont une fillette. Dans le quartier de Sabra, les corps de quatre autres victimes ont été extraits des décombres d’une maison appartenant à la famille Al-Banna.
Ces attaques interviennent alors que le mouvement Hamas avait annoncé le report de la remise d’une dépouille d’otage, initialement prévue mardi dernier, en dénonçant des violations répétées du cessez-le-feu par l’armée israélienne.
Selon les témoignages recueillis sur place, les bombardements ont été incessants durant la nuit, semant la panique dans les camps de réfugiés et les quartiers densément peuplés. «Nous venions tout juste de recommencer à respirer, à reconstruire nos vies, quand les bombardements ont repris», témoigne Khadija al-Housni, réfugiée dans le camp d’al-Chati. «Le retour de la guerre est ce que nous redoutions le plus», ajoute Jalal Abbas, installé sous une tente à Deir el-Balah.
Face à cette escalade meurtrière, l’Union européenne a appelé toutes les parties à respecter le cessez-le-feu, dénonçant les nouvelles frappes israéliennes comme une entrave à la paix. La commissaire espagnole Teresa Ribera a déclaré : «Nous avons besoin d’une chance pour la paix, pas d’excuses pour de nouvelles frappes». Alors que les panaches de fumée noire s’élèvent encore au-dessus de Ghaza, la population civile, épuisée et endeuillée, attend une réponse internationale ferme pour mettre fin à ce cycle de violence et garantir sa sécurité. Le bilan humain, déjà insoutenable, pourrait s’alourdir si les appels à la désescalade restent lettre morte .
Sabrina G.
La Défense civile appelle à un cessez-le-feu total: Plus de 100 morts en 12 heures à Ghaza

