A’hymne national algérien, « Kassaman », symbole éternel de lutte et de fierté, a été célébré avec ferveur lors d’une conférence organisée à l’occasion de son 70e anniversaire, un événement qui a transcendé les frontières pour s’unir à la voix mondiale des poètes soutenant la Cause palestinienne. Cette rencontre, riche en émotions et en réflexions, s’est tenue samedi à la Bibliothèque nationale d’Alger, sous l’égide de la Fondation Moufdi Zakaria et en collaboration avec l’association nationale culturelle « Harakat Echi’r el Djazairia » (Mouvement poétique algérien).
L’épopée de « Kassaman » : entre histoire et mémoire
Le vice-président de la Fondation Moufdi Zakaria et coordinateur de la Commission algérienne Histoire et Mémoire, Mohamed Lahcen Zeghidi, a retracé avec passion les étapes marquantes de la création de « Kassaman », depuis son écriture par le poète révolutionnaire Moufdi Zakaria jusqu’à sa mise en musique par le compositeur égyptien Mohamed Fawzi. Il a rappelé que cet hymne, né dans les geôles coloniales, était bien plus qu’un chant patriotique : une proclamation de dignité, une promesse de sacrifice et un cri de ralliement pour tout un peuple en quête de liberté. Composé en 1955, « Kassaman » a accompagné les combattants de la Révolution algérienne, galvanisant les esprits et incarnant l’âme d’une nation déterminée à briser ses chaînes.
Moufdi Zakaria et la Palestine : une poésie en résistance
La seconde partie de la conférence a mis en lumière l’engagement indéfectible de Moufdi Zakaria envers la Palestine, à travers une analyse approfondie de ses œuvres. Le poète palestinien Hussein Abou El-Naja a souligné la place centrale qu’occupait la Palestine dans l’imaginaire du poète algérien, notamment à travers son poème « Falastine a la Essalib » (« Palestine sur la croix »), une œuvre poignante qui dénonce l’oppression sioniste et exalte la résistance du peuple palestinien. Abou El-Naja a analysé la structure rythmique et la puissance symbolique de ce texte, montrant comment Moufdi Zakaria utilisait la poésie comme une arme de combat, mêlant éloquence et révolte pour éveiller les consciences.
Une clôture en apothéose : la poésie comme écho de la résistance
La manifestation s’est achevée dans une atmosphère empreinte d’émotion et de ferveur militante, avec des récitals de poésie algérienne dédiés à la Palestine.
Les vers vibrants des poètes ont rendu hommage à la souffrance et à l’héroïsme du peuple palestinien, encerclé mais jamais vaincu, face à la machine de guerre sioniste. Ces textes, chargés de douleur et d’espoir, ont rappelé que la lutte pour la liberté est universelle et que l’art demeure un rempart contre l’oubli et l’injustice. En célébrant « Kassaman », l’Algérie n’a pas seulement honoré son hymne national : elle a réaffirmé sa place dans le combat des peuples opprimés, faisant de la poésie un pont entre les luttes passées et présentes. Soixante-dix ans après sa création, « Kassaman » reste bien plus qu’un chant—il est un serment, une mémoire vive, et une promesse de victoire pour tous ceux qui, de l’Algérie à la Palestine, continuent de se battre pour leur dignité et leur terre .
Amina.S
