Après la récente visite du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a permis de raviver le dialogue diplomatique entre Alger et Paris, l’attention se tourne désormais vers un autre rendez-vous crucial : la visite attendue du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin.
Cette étape sera déterminante pour évaluer la volonté réelle de la France d’engager une coopération judiciaire sincère et équitable avec l’Algérie.Jean-Noël Barrot avait annoncé, lors de son séjour à Alger, la relance des mécanismes de coopération bilatérale, y compris dans les domaines sécuritaire
et judiciaire. À cette occasion, il a reconnu l’existence d’entraves persistantes, notamment en ce qui concerne l’exécution des commissions rogatoires liées à des affaires de détournement de fonds et de corruption. Il a toutefois affirmé que le président Tebboune avait donné instruction de lever les obstacles freinant les échanges entre les deux pays, signe de la disponibilité algérienne à faire avancer les dossiers.
L’Algérie, qui a transmis pas moins de 25 commissions rogatoires à la France sans recevoir la moindre réponse, attend des preuves tangibles de bonne foi. Parmi les cas les plus emblématiques figure celui d’Abdeslam Bouchouareb, ancien ministre condamné dans plusieurs affaires de corruption, dont la justice française refuse l’extradition, malgré les engagements bilatéraux existants.
Ce refus alimente à juste titre les accusations de blocage systématique formulées par Alger, qui y voit une volonté délibérée de protéger des individus recherchés pour des actes ayant gravement porté atteinte à l’économie nationale.Dans un contexte marqué par des tentatives de manipulation politique de ces affaires par certains courants en France, notamment l’extrême droite, l’Algérie attend que la coopération judiciaire ne soit plus otage de considérations politiciennes.
La restitution des personnes recherchées et des biens détournés constitue non seulement un droit légitime pour l’Algérie, mais également une condition sine qua non pour une relation bilatérale équilibrée, fondée sur le respect mutuel et la transparence. La prochaine visite du ministre de la Justice français devra donc trancher clairement : soit Paris choisit d’honorer ses engagements internationaux, soit elle confirmera les craintes d’une coopération à géométrie variable, dictée par des intérêts non avoués. Pour Alger, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais à des actes concrets.
M.M.
Justice et vérité :L’Algérie attend des actes concrets de la France

