La Cour d’Alger a rendu ce mercredi son verdict en appel dans le dossier des signatures pour la présidentielle du 7 mars 2024, condamnant les anciens candidats Saïda Naghza, Belkacem Sahli et Abderahmane Hammadi à quatre ans de prison ferme avec mandat de dépôt immédiat, ainsi qu’à une amende d’un million de dinars chacun. Cette décision marque un adoucissement par rapport au
jugement initial qui les avait condamnés à dix ans d’emprisonnement tout en les maintenant
sous contrôle judiciaire.
Les trois prévenus étaient poursuivis pour avoir collecté des signatures d’élus et d’électeurs en échange de compensations financières afin de valider leurs candidatures à l’élection présidentielle. Les charges retenues contre eux incluaient l’octroi d’avantages indus, l’abus d’influence et de fonction, des promesses de dons en échange de soutien, ainsi que des accusations de fraude et d’escroquerie.
Dans le même procès, soixante-dix-neuf autres coaccusés, parmi lesquels figuraient des élus municipaux, des membres de la Confédération générale des entrepreneurs algériens (CGE) que présidait Naghza, ainsi que le fils de cette dernière, ont écopé de peines allant de dix-huit mois à deux ans de prison, accompagnées d’une amende de 200 000 dinars pour chacun.
Le parquet général près la Cour d’Alger avait requis dans la matinée des peines plus lourdes, demandant dix ans de réclusion pour les trois anciens candidats et huit ans
pour leurs coaccusés. Le verdict final, bien que confirmant leur culpabilité, apparaît ainsi comme un tempérament apporté à la sévérité des premières condamnations.
Cette affaire met en lumière les dérives potentielles du système de parrainage pour les candidatures indépendantes aux élections en Algérie, tout en démontrant la détermination des autorités judiciaires à lutter contre les tentatives de manipulation du processus électoral.
Le jugement définitif, après cette phase d’appel, pourrait néanmoins faire l’objet d’un pourvoi en cassation de la part des condamnés.
La décision intervient dans un contexte où la justice algérienne a multiplié ces dernières années les procédures pour fraude électorale, envoyant un signal fort quant à l’intolérance face aux pratiques corruptives dans le champ politique. Cependant, la réduction des peines initiales soulève des questions sur l’évolution de la sévérité judiciaire dans ce type d’affaires .
Fateh H.
Justice : 4 ans ferme pour Naghza, Sahli et Hammadi

