Joyau du patrimoine national: Le caftan algérien célébré lors d’une soirée d’exception à Alger

Dans le cadre des soirées ramadanesques, l’hôtel El-Aurassi d’Alger a abrité une grandiose célébration dédiée au caftan algérien, ce symbole d’authenticité et d’élégance qui incarne des siècles de savoir-faire artisanal.
Placée sous le haut patronage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, la deuxième édition du Festival «Fashion Traditional» a mis à l’honneur ce patrimoine culturel d’une richesse inestimable.
Cette reconnaissance nationale fait écho à une consécration internationale majeure : en décembre 2025, lors de sa 20e session tenue à New Delhi, l’UNESCO a inscrit le caftan, aux côtés de la gandoura, de la melehfa, du quat et du lhaf, au patrimoine culturel immatériel sous l’appellation «costume féminin festif du grand est algérien».
Cette distinction officialise l’antériorité et l’authenticité de cet habit traditionnel, tout en valorisant le génie créatif des artisans algériens transmis de génération en génération.
La soirée a réuni un parterre de personnalités, des représentants de corps diplomatiques accrédités à Alger, ainsi que de nombreuses figures du monde culturel et artistique national. Six créatrices de talent ont été invitées à présenter leurs collections, offrant au public un voyage sensoriel à travers les multiples facettes de ce vêtement d’exception.
Les sœurs Halima, Assia et Asma Djellabi, originaires de Souk Ahras, Hiba Cheriet de Guelma, Aïcha Bennari d’Annaba et Nibel Rezgui d’Alger ont chacune dévoilé leur interprétation du caftan, alliant respect des traditions et audace créative. Leurs créations ont été portées par six à huit mannequins par défilé, sublimant des pièces allant du classique intemporel aux réinventions les plus contemporaines.
Parmi les trésors présentés, le caftan constantinois, ou «qatifa», a particulièrement retenu l’attention. Incontournable dans les cérémonies de mariage de l’Est algérien, il se distingue par son velours lourd et ses broderies généreuses au fil d’or (mejboud), véritables dentelles de lumière.
Le caftan d’Alger, plus aérien, souvent en velours ou en soie aux coloris variés, a séduit par la finesse de ses ornements. Les créatrices ont également présenté des modèles dits «modernes», où des coupes épurées rencontrent les techniques ancestrales, avec des manches amples et des ceintures ouvragées.
Le caftan en velours, synonyme de luxe et de raffinement, prisé lors des soirées hivernales, a lui aussi été magnifié.
Au-delà du caftan, les collections ont mis en lumière tout un univers vestimentaire traditionnel : karakou, chedda, djeba, serouel chelka, et robes représentatives des différentes régions d’Algérie, tissant un lien précieux entre les terroirs et leur histoire.
L’atmosphère envoûtante de la soirée a été portée par la voix suave de la chanteuse Yasmine Belkacem, tandis que les troupes constantinoises «Behdjet K’sentina«» (Aissaoua), dirigée par Boudraâ Temmam, et «El Safwane Dar Bernou», sous la baguette de Mustapha Sofa, ont fait résonner les cadences et mélodies héritées du patrimoine musical algérien.
En clôture de cette célébration placée sous le signe de la transmission et de la fierté identitaire, des trophées honorifiques ont été remis aux six couturières, saluant leur contribution à la préservation et à la renaissance de cet art précieux. Une soirée qui confirme, s’il en était besoin, que le caftan algérien n’est pas seulement un vêtement : il est un.
Amina S.