Le Conseil de la Nation s’apprête à tenir sa séance d’installation cette semaine, probablement mercredi, pour l’entrée en fonction des nouveaux membres et l’élection de son président. Cette réunion solennelle marquera le début d’un nouveau mandat pour la chambre haute du Parlement algérien.
Le processus d’installation suivra une procédure bien établie. Un bureau d’âge provisoire, composé du membre le plus âgé et des deux plus jeunes, supervisera les opérations préliminaires. La vérification des mandats se fera par appel nominal des élus et nommés, sur la base des listes validées par la Cour constitutionnelle. Une commission spéciale de 20 membres examinera ensuite les dossiers d’éligibilité avant la phase cruciale d’élection du président.
L’élection du président obéit à des règles strictes. En cas de candidature unique, l’adoption se fera par acclamation. Pour plusieurs candidats, un vote secret à la majorité absolue sera organisé. Si nécessaire, un second tour opposera les deux premiers candidats dans un délai de 24 heures, avec une majorité relative suffisante. En cas d’égalité parfaite, c’est le candidat le plus âgé qui l’emportera.
Les conditions pour présider le Conseil sont exigeantes et identiques à celles requises pour la présidentielle. Le candidat doit être de nationalité algérienne d’origine, ainsi que son conjoint et ses parents. Il doit avoir au moins 40 ans et résider en Algérie depuis 10 ans minimum. Une déclaration publique de ses biens est obligatoire, tout comme la preuve que ses parents n’ont pas combattu la Révolution, s’il est né après juillet 1942. Parmi les nouvelles figures nommées par le président de la République, on compte d’anciens hauts fonctionnaires comme Mustapha Laïbaïri, ex-directeur général de la Protection civile, et des personnalités politiques telles que Aïach Djabalia du FLN ou Hadj Belghouthi du Front El Moustakbal. Ben Djoudi Dalila, présidente d’une association féminine rurale, apporte quant à elle une expertise sociale. Actuellement, onze sièges sur les 144 que compte le Conseil restent vacants, conformément à la tradition établie depuis la création de l’institution. Ce renouvellement partiel triennal s’inscrit dans le cadre constitutionnel normal du fonctionnement des institutions algériennes. Le Conseil de la Nation, par son rôle de modérateur et son pouvoir législatif, demeure une pièce maîtresse du système institutionnel algérien. Son installation ouvre une nouvelle phase dans la vie politique du pays, avec des enjeux importants pour l’équilibre des pouvoirs et l’agenda législatif à venir. Les observateurs suivront attentivement la composition des commissions et les nouvelles dynamiques qui émergeront au sein de cette assemblée .
F.H.
Installation du nouveau Conseil de la Nation: Processus et enjeux

