Alors que se profile à l’horizon une éventuelle reprise de langue entre officiels algériens et français, afin de mettre un terme à la crise diplomatique qui affecte les relations entre les deux pays, voilà que le sulfureux Bruno Retailleau use de nouveau d’un langage qui, pour le moins, n’arrange ni la France ni l’Algérie. Le ministre français de l’Intérieur a récidivé, une fois de plus, après quelques jours de silence. Interrogé, mardi soir, sur le plateau de la chaîne d’extrême droite CNews, sur l’affaire Boualem Sansal, le ministre qui fait des attaques contre l’Algérie un sujet de campagne pour atteindre la présidence des LR, a menacé de « monter dans les tours ». Des menaces qu’il sait pourtant, n’ont aucun écho du côté d’Alger qui n’accepte pas d’injonctions de l’extérieur.
Retaille au a d’abord inventé de toutes pièces des accusations sans fondement, expliquant que Sansal s’est vu refusé son avocat d’origine juive, et qu’on «lui a reproché de trop aimer la France », avant de subir « un procès en catimini, sans avocat ».
Avant de lancer : « Soit l’Algérie, le régime algérien accepte de libérer Boualem Sansal et accepte de reprendre ses ressortissants les plus dangereux (…) ou alors elle ne l’accepte pas et nous n’aurons d’autre choix, démocratique, que de monter dans les tours ». Ces propos qui interviennent à la veille de la prononciation, jeudi, du verdict contre l’écrivain poursuivi pour «atteintes contre la sûreté de l’Etat » et « intelligence avec parties étrangères », ne font que compliquer les chances de ce dernier à bénéficier d’une peine clémente. Sansal qui a choisi de se défendre lui-même lors du procès qui s’est tenu au Tribunal de Dar El Beida, risque 10 ans de prison ferme, selon le réquisitoire du procureur de la République. Et au moment où des déclarations penchant vers l’apaisement sont faites en haut lieu des deux Etats, à savoir par les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron, le haineux ministre de l’Intérieur fourre son nez dans ce dossier extrêmement sensible, ignorant qu’il contribue, par son ton menaçant, à aggraver le cas de celui qu’il présente comme son « ami ». Pourtant, les déclarations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de l’entrevue périodique avec la presse, samedi, ont réduit ce ministre à son juste statut. Le chef de l’Etat a souligné qu’il garde comme « point de repère et unique, le président (Emmanuel) Macron », avec qui il travaille directement, ignorant complètement l’agitation de Retaille au
et d’autres cercles politiques et médiatiques en France. Visiblement, après une absence de trois jours, le candidat à la présidence des Républicain (droite), n’a pas trouvé meilleure matière pour rebondir que de s’en prendre encore une fois à l’Algérie, tel un parasite qui perturbe le travail serein des canaux diplomatiques. Et si son départ était la solution pour des relations apaisées entre Alger et Paris ? .
Farid B.

