Il convoque un congrès extraordinaire de Jil Jadid et annonce son retrait de la présidence: Soufiane Djilali passe le témoin

Soufiane Djilali passe le témoin et annonce son retrait de la présidence de Jil Jadid. Un retrait qui sera acté lors d’un congrès extraordinaire qu’il vient de convoquer qui se tiendra «dès que les conditions technico-administratives seront réunies».
À 67 ans, le président de Jil Jadid qui a déjà brigué deux mandats successif à la tête du parti qu’il a créé en 2011, avant d’organiser le congrès constitutif le 3 mars 2012, a déclaré, hier, dans une «Lettre aux Jadidiennes et Jadidiens et à tous les Algériens» que l’heure était venue pour lui d’encourager l’émergence de nouveaux dirigeants. «Si j’ai eu le grand honneur de contribuer à la fondation puis à la conduite de Jil Jadid, l’heure est toutefois arrivée pour moi, dans cette phase de mon engagement de consacrer plus d’énergie au combat d’idées tout en favorisant l’émergence d’une nouvelle direction du parti», écrit Dr Djilali, rappelant avoir alterné «depuis 36 ans» ses efforts «entre action et réflexion». Tout en estimant qu’il était de «notre devoir à tous», en tant que citoyens, «d’ouvrir, en parallèle à la nécessaire action de terrain, un champ de réflexion et de dialogue large et inclusif, sans limites partisanes, pour proposer une vision sur l’avenir de notre République et pouvant mener à une action salvatrice pour notre pays», l’ancien candidat à la présidentielle de 2014 (avant de se retirer), annonce la convocation d’un congrès extraordinaire «qui devra, en toute liberté, désigner le prochain Président de Jil Jadid et ce dès que les conditions technico-administratives seront réunies».
La nouvelle équipe dirigeante «s’attellera à prendre en charge le développement du parti et la poursuite de son combat», ajoute-il, assurant toutefois que s’il quitte la présidence du parti, il «ne quitte pas le combat». Dans sa lettre, Soufiane Djilali a dressé un état des lieux de la situation du pays, appelant le pouvoir «à permettre un débat national patriotique et rassembleur pour aboutir à terme à la définition d’un projet de société qui soit à la hauteur des défis qui nous attendent».
Natif de Blida (1958), l’homme politique a entamé sa carrière au sein du Parti du renouveau algérien (PRA), aux côtés de Noureddine Boukrouh en 1989, avant de claquer la porte en 1999, après le soutien de ce dernier au président Bouteflika.
Il restera dans l’opposition d’ailleurs, jusqu’à 2012, avec l’ouverture qui a permis la naissance de plusieurs partis, et profite pour lancer Jil Jadid. Un an après, il est désigné par son parti pour être candidat à la présidentielle, mais l’annule après l’annonce d’Abdelaziz Bouteflika de sa candidature pour briguer un 4e mandat. En 2018, soit un an avant le Hirak, le président de Jil Jadid se mobilise dans le mouvement «Mouwatana» qui demande le départ de Bouteflika. Après l’élection du Président de la République, Abdelmadjid Tebbboune, il sera l’un des premiers chefs de partis à être reçu au palais d’El Mouradia, le 14 janvier 2020, dans le cadre du dialogue politique.
Le retrait de Soufiane Djilali intervient dans un contexte de renouvellement de la classe politique en Algérie. Un cycle qui a commencé il y a quelques années déjà avec le départ de figures comme Mohcine Belabbas (RCD), Abderrezak Makri (MSP), Abdelaziz Belaid (El Moustakbal), Mme Zoubida Assoul (UCP) et tout récemment Mustapha Yahi (RND) .
Farid B.