Les travaux de la Conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique se sont ouverts ce dimanche au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal à Alger, dans un cadre chargé de symbolisme historique. Pour le docteur en histoire Idir Hachi, premier invité de l’émission «L’invité du jour» sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, le choix de l’Algérie comme pays hôte de cet événement continental s’imposait avec une évidence historique. «L’honneur revient à l’Algérie d’organiser cet événement», a affirmé l’historien, rappelant que «la contribution de l’Algérie et du peuple algérien à la victoire de l’anticolonialisme est exemplaire».
Il a souligné la vigueur d’une résistance qui forma «une chaîne, une succession quasi ininterrompue de luttes», et salué une guerre de libération qui compte parmi «les révolutions les plus marquantes, les plus remarquables et les plus remarquées de l’histoire moderne de l’humanité».
L’orateur a insisté sur l’ampleur du sacrifice consenti : «L’Algérie a payé un lourd tribut à la défense, puis au recouvrement de sa souveraineté». Face à 132 années de colonisation, le pays n’a pas seulement subi une occupation militaro-administrative et l’exploitation de ses ressources, mais aussi une colonisation de peuplement d’une exceptionnelle durée.
Fidèle à son engagement pour les causes justes, l’Algérie «continue de soutenir les luttes des peuples empêchés, nous pensons évidemment aux luttes des peuples palestiniens et sahraouis».
S’appuyant sur la pensée d’Aimé Césaire pour qui «les crimes coloniaux ont été le laboratoire du nazisme», M. Hachi a établi un parallèle saisissant : les razzias commises en Algérie ont servi de laboratoire aux crimes coloniaux. L’historien a méthodiquement décrit l’ensemble des atrocités perpétrées par le colonialisme français durant les 132 années d’occupation.
Pour conclure, le docteur Hachi a dénoncé avec une ironie amère le système juridique colonial : «Les théâtres des guerres coloniales étaient des zones de non-droit où tout était permis». Trophées, prises et butins pillés durant la colonisation devenaient ensuite, par le jeu des lois républicaines, «propriété inaliénable, imprescriptible».
Un système où «ce qui est pris par la force devient propriété inaliénable par la loi élaborée et adoptée à posteriori et à effet rétroactif», dressant ainsi le portrait d’une spoliation institutionnalisée.
Anais G.
Idir Hachi: «L’Algérie, terre d’accueil légitime pour la mémoire des crimes coloniaux»

