Hydrogène vert: Alger veut faire du Sud H2 un sommet fondateur

A Alger, Mourad Adjal a placé la barre haut en présidant les travaux préparatoires du sommet mondial consacré au Corridor Sud H2.
Derrière les présentations techniques et les directives ministérielles, c’est une véritable bataille géopolitique et économique qui se dessine : l’Algérie entend se positionner comme acteur incontournable de la transition énergétique européenne.
Le projet n’est pas qu’une infrastructure : c’est une route stratégique qui reliera Alger à Berlin en passant par Rome et Vienne, transformant l’hydrogène vert en vecteur d’influence.
En exportant son énergie propre vers le cœur de l’Europe, l’Algérie ne cherche pas seulement des débouchés commerciaux, elle revendique une place dans le nouvel échiquier énergétique mondial.Ce sommet, qui réunira les ministres de l’Énergie des pays partenaires, sera l’occasion
pour Alger de démontrer sa capacité à fédérer autour d’un projet structurant. L’hydrogène vert devient ainsi une arme douce, un levier de coopération, mais aussi un instrument de puissance.
L’Europe, en quête d’alternatives au gaz russe et d’une transition crédible, voit dans ce corridor une bouffée d’oxygène. L’Algérie, elle, y voit une opportunité de consolider son rôle de hub méditerranéen et de s’imposer comme fournisseur stratégique. En parallèle, les réunions sur la gestion du secteur énergétique et la présence du Commissariat à l’énergie atomique rappellent que l’État veut maîtriser tous les leviers, de l’hydrogène vert à l’atome, Alger construit une vision globale. Ce n’est plus seulement une question de production, mais de souveraineté et de diplomatie énergétique.
Samira.G