La capacité renouvelable pourrait croître de 42,51% par an entre 2026 et 2031 : L’Algérie accélère dans les énergies renouvelables

L’Algérie s’apprête à devenir le pays affichant la croissance la plus rapide du continent en matière de capacités renouvelables installées.
Selon les projections de Mordor Intelligence relayées par la plateforme Al Energy, le taux de croissance annuel composé du pays devrait atteindre 42,51% entre 2026 et 2031, un rythme sans équivalent en Afrique, porté par l’essor du solaire et la montée en puissance de l’hydrogène vert.

Cette trajectoire n’a rien d’un effet d’annonce. Elle s’appuie sur des réalisations concrètes : deux centrales solaires totalisant 400 mégawatts ont déjà été mises en service cette année, première étape d’un programme national ambitieux visant à porter la capacité solaire installée à 3 200 mégawatts, contre environ 600 mégawatts aujourd’hui.

Un appel d’offres pour une capacité solaire supplémentaire d’un gigawatt est venu renforcer cette dynamique, tandis que les projets d’hydrogène vert s’articulent désormais avec les infrastructures d’exportation de Sonatrach, ouvrant la voie à une filière tournée vers les marchés internationaux.
L’Algérie bénéficie d’atouts que peu de pays africains peuvent revendiquer au même niveau : un potentiel solaire exceptionnel et une baisse continue du coût des technologies photovoltaïques, deux leviers qui expliquent l’accélération attendue.

À l’échelle du continent, la capacité renouvelable installée devrait passer de 86,95 gigawatts en 2026 à 179,66 gigawatts en 2031, soit une croissance annuelle composée de 15,62%, presque trois fois inférieure à celle projetée pour l’Algérie.

Le solaire tire cette dynamique continentale, avec une progression de 27,84% par an, au point que les capacités combinées du solaire et de l’éolien devraient dépasser celles de l’hydroélectricité dès 2029.
L’hydroélectricité demeure pour l’instant la première source renouvelable du continent, avec environ 52 gigawatts en 2025, devant le solaire (22,19 gigawatts, en hausse de 21%) et l’éolien (11,47 gigawatts, en hausse de 20%).

La demande commerciale et industrielle vient renforcer cette trajectoire, avec une croissance annuelle composée estimée à 18,36% jusqu’en 2031 : mines, industries et centres de données recherchent une électricité stable, compétitive et moins carbonée, un besoin auquel l’Algérie entend précisément répondre.

Des défis subsistent, à commencer par la fragilité des réseaux électriques, encore peu adaptés à l’intégration de productions intermittentes, ainsi que les risques de change et les difficultés d’accès au financement qui pèsent sur l’ensemble du continent.
Mais dans ce paysage contrasté, l’Algérie apparaît en position de force, avec le solaire et l’hydrogène vert comme leviers d’une transition énergétique qui pourrait redessiner sa place sur la carte énergétique africaine.

Samira G