Lors d’une conférence scientifique et médiatique sur la langue amazigh tenue dimanche dernier à Alger, le Haut Commissariat à l’amazighité (HCA) a présenté les grandes lignes de sa stratégie, tout en lançant une alerte sur les nouvelles menaces numériques pesant sur l’identité nationale.
Si El Hachemi Assad, Secrétaire général du HCA, a centré son intervention sur la vision stratégique de l’institution pour promouvoir et généraliser l’usage de tamazight, langue constitutionnelle et «pilier de
l’identité nationale».
Il a rappelé le chemin parcouru depuis la création du HCA en 1995, soulignant les avancées institutionnelles et médiatiques majeures, telles que la création d’une chaîne de télévision dédiée et l’élargissement de la diffusion radiophonique.
Il a également annoncé une stratégie nationale de promotion de la langue amazigh s’étendant jusqu’en 2038, visant son intégration dans tous les secteurs de la vie publique par la normalisation, la formation spécialisée et la recherche scientifique.
Une menace numérique ciblée : 700 YouTubeurs dans le collimateur
Le point le plus marquant de cette conférence a été la mise en garde du SG du HCA contre une menace numérique spécifique. «700 YouTubeurs ciblent l’identité algérienne», a affirmé avec insistance El Hachemi Assad. Cette déclaration, reprise et étayée par le professeur Farid Benramdane, président de la Société algérienne savante d’onomastique (SASO), introduit une dimension contemporaine et urgente au combat pour la préservation identitaire. Selon les experts présents, ces influenceurs numériques représentent un nouveau défi de taille, s’attaquant aux fondements culturels et linguistiques du pays par des contenus diffusés massivement en ligne. Cette alerte s’inscrit dans une réflexion plus large sur la nécessité de protéger les références onomastiques (noms de lieux, de personnes) et linguistiques face aux influences extérieures et aux tentatives de déconstruction identitaire, héritées selon eux de schémas coloniaux.
La stratégie du HCA apparaît ainsi comme une réponse à la fois institutionnelle et numérique, visant à
sécuriser l’identité nationale sur tous les fronts, y compris dans l’espace virtuel désormais perçu comme un champ de bataille culturel.
Anais G.

