Un foyer d’hantavirus a été détecté à bord du MV Hondius, un bateau de croisière sillonnant l’Atlantique.
Faut-il s’alarmer ? L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tenu à rassurer immédiatement : le risque pour le reste du monde est «faible», et rien ne permet de comparer cette situation au début de la pandémie de Covid-19. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a été clair : «Je ne pense pas» que ce foyer présente un niveau d’urgence similaire à celui du coronavirus en 2020.
Une déclaration qui vise à couper court à toute spéculation anxiogène.
Concrètement, que se passe-t-il à bord ? Le MV Hondius effectuait la liaison entre Ushuaïa, en Argentine, et l’archipel du Cap-Vert, au large de l’Afrique de l’Ouest, avec environ 150 personnes à son bord. Ce mercredi, huit cas suspects d’hantavirus ont été recensés.
Parmi eux, trois patients – deux membres d’équipage malades et une personne asymptomatique ont été évacués du Cap-Vert par deux avions médicalisés.
Le navire, désormais libéré de ses passagers les plus urgents, met le cap vers Tenerife, dans les Canaries, où il devrait accoster d’ici trois jours, selon les autorités espagnoles.
Les autres passagers pourront alors regagner leurs pays respectifs.
L’OMS a d’ores et déjà déployé des professionnels de santé à bord pour assurer un suivi continu.
Par ailleurs, deux anciens passagers du MV Hondius ont été testés positifs après avoir quitté le navire : l’un se trouve hospitalisé à Johannesburg, l’autre à Zurich.
Mais au fait, qu’est-ce que cet hantavirus dont on entend soudainement parler ? Contrairement au coronavirus, ce n’est pas un nouveau venu. Les hantavirus forment une famille de virus bien connue des scientifiques.
Leur particularité : ils ne se transmettent pas d’humain à humain comme la grippe ou le Covid. Leur mode de contamination est très différent.
L’hantavirus est ce que l’on appelle une zoonose : une maladie transmise de l’animal à l’homme. Le vecteur principal ? Les rongeurs sauvages : rats, souris, campagnols.
L’être humain se contamine généralement en inhalant des poussières contaminées par les excréments, l’urine ou la salive de ces animaux. Il n’y a pas de transmission aérienne directe entre personnes, ce qui limite très fortement tout risque épidémique à grande échelle. Une fois infecté, l’hantavirus provoque des symptômes qui varient selon les régions du monde.
En Europe et en Asie, il cause le plus souvent des fièvres hémorragiques accompagnées de syndromes rénaux (FHSR). En Amérique, en revanche, la même famille de virus peut déclencher des syndromes cardio-pulmonaires (SPH), une forme plus grave et potentiellement plus dangereuse.
C’est précisément pour cette raison que la découverte d’un foyer sur un bateau venant d’Argentine (où sévissent les formes américaines du virus) justifie une vigilance particulière.
Mais l’OMS insiste : cette vigilance n’a rien à voir avec une alerte pandémique. Non, pas à ce stade.
Les autorités sanitaires internationales ont pris la situation en main. Les patients sont pris en charge, le navire est surveillé, et l’OMS affirme que le risque pour le reste du monde est faible.
Contrairement au Covid-19, l’hantavirus n’est pas un virus respiratoire hautement contagieux d’humain à humain. Il s’agit d’une maladie à transmission indirecte, principalement liée aux rongeurs, et maîtrisable par des mesures ciblées .
Lotfi L.-E.
Hantavirus sur un bateau de croisière: Faut-il s’inquiéter ?

