Hantavirus: L’Algérie renforce son dispositif préventif face au risque

Le ministère de la Santé a activé un dispositif préventif après l’alerte de l’OMS concernant un foyer d’infections au hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius.
L’objectif est d’anticiper toute éventualité, même si le risque est jugé «faible et limité» en Algérie, en l’absence de tout lien épidémiologique direct.
La Direction générale de la prévention a adressé aux walis, directeurs de la santé et établissements hospitaliers une circulaire ordonnant le renforcement de la veille sanitaire, du dépistage précoce et de la prise en charge immédiate des cas suspects, avec une insistance particulière sur la lutte contre les rongeurs et la sensibilisation du public.
Le hantavirus est une maladie zoonotique transmise par inhalation d’aérosols contaminés par les excréments de rongeurs infectés. Selon les souches, il provoque soit un syndrome pulmonaire, soit une fièvre hémorragique avec atteinte rénale.
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique, seule une prise en charge rapide peut sauver.
Le virus «Andes» est le seul connu pour une transmission interhumaine limitée, survenant lors de contacts très étroits ou en milieu médical sans protection. Les principaux symptômes sont la fièvre, les douleurs musculaires, les troubles digestifs et les difficultés respiratoires.
Les formes graves peuvent évoluer vers un syndrome respiratoire aigu, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 40 à 50%, particulièrement chez les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques. Un cas suspect est défini comme toute personne ayant voyagé dans un moyen de transport concerné et présentant des symptômes. Un cas probable associe des symptômes à un lien épidémiologique sans confirmation biologique. Un cas confirmé repose sur un test RT-PCR ou sérologie positif, réalisé exclusivement au laboratoire de référence de l’Institut Pasteur d’Algérie à Sidi Fredj.
Le ministère ordonne la mise en place de protocoles stricts d’isolement et de prise en charge, la protection des personnels soignants, l’intensification des campagnes de dératisation en coordination avec les collectivités locales, ainsi que des programmes de sensibilisation sur l’hygiène et les risques liés aux rongeurs. Aux postes frontaliers, équipements de protection, thermomètres, solutions hydroalcooliques et espaces d’isolement temporaire doivent être disponibles.
Le ministère rappelle que les rongeurs peuvent aussi transmettre la leptospirose, la peste ou la salmonellose, et appelle à intégrer ces mesures dans une stratégie nationale globale de prévention des maladies zoonotiques. En conclusion, l’Algérie ne prend aucun risque : vigilance maximale, moyens déployés, mais pas d’inquiétude excessive. Le mot d’ordre reste : détecter tôt, isoler vite, traiter bien.
Fateh H.