Hadj Ahmed Bey: Un film-événement pour honorer le dernier bey de Constantine

Le long métrage consacré à Ahmed Bey, figure emblématique de la résistance algérienne, s’apprête enfin à rencontrer son public. Intitulé Hadj Ahmed Bey, le film aura ses avant-premières à Constantine le 16 février 2026 dans la grande salle Ahmed-Bey, à Alger le 20 février, puis à Oran le 23 février, avant une sortie nationale très attendue.
Ces dates marquent l’aboutissement d’un projet longtemps différé, désormais porté à l’écran comme un devoir de mémoire.
La décision de lancer le film a été arrêtée en décembre dernier, lors d’une réunion consacrée aux ultimes retouches, réunissant la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, la productrice exécutive Samira Hadj Djilani, ainsi que le directeur général du Centre algérien de développement du cinéma (CADC), Zineddine Arkab, en présence de cadres du ministère.
Réalisé par Chawki Al Medjeri sur un scénario de Rabah Drif, Hadj Ahmed Bey retrace la lutte acharnée du dernier bey de Constantine contre l’occupation française. Pendant près de deux décennies, Ahmed Bey transforma Constantine en citadelle imprenable, mobilisant l’ensemble du beylik et opposant une résistance farouche aux troupes coloniales.
Le projet, initialement inscrit dans le programme de la manifestation «Constantine, capitale 2015 de la culture arabe», a connu de nombreux retards avant d’être finalisé en janvier 2026 grâce à l’impulsion décisive de la ministre de la Culture.
Tourné entre Constantine, Biskra et Alger, le film épouse les différentes étapes de la vie du bey afin de rester fidèle à son parcours. Le rôle principal est incarné par Karim Boudechiche, qui prête ses traits à ce stratège reconnu, homme d’État et symbole de dignité nationale.
Au-delà de la reconstitution historique, l’œuvre entend restituer la bravoure, la finesse et la malice d’Ahmed Bey, dernier grand défenseur de Constantine (1826-1848), dont le palais ottoman demeure aujourd’hui un site emblématique de la ville.
Porté à l’écran par devoir de mémoire, ce film se veut plus qu’une fresque historique : il aspire à susciter débats et réflexions sur la transmission du passé et la reconnaissance des grandes figures de la résistance algérienne. Une œuvre très attendue, donc, qui devra convaincre autant par sa valeur cinématographique que par la profondeur de son propos. Car Ahmed Bey n’est pas seulement un personnage historique : il est un symbole, une source d’inspiration pour les générations de nationalistes algériens, et un repère de courage face à l’adversité. À voir absolument.
Amina S.