Le président iranien Massoud Pezeshkian a martelé hier mercredi qu’aucune puissance étrangère ne parviendrait à imposer sa volonté à Téhéran ni à le contraindre à capituler. Une déclaration rapportée par l’agence officielle IRNA, dans un contexte de conflit ouvert avec les États-Unis et Israël.
Pezeshkian a réaffirmé que l’Iran ne cherchait ni la guerre ni l’instabilité, mais privilégiait un dialogue «constructif» avec les autres nations. Il a dénoncé le deux-poids-deux-mesures de certains pays dans les instances internationales, ainsi que toute action militaire unilatérale violant les principes établis.
Il a fermement condamné les attaques américano-israéliennes contre l’Iran, soulignant que son pays n’avait commis aucun «crime».
Prendre pour cible des civils et détruire écoles et hôpitaux est, selon lui, injustifiable au regard du droit international. Les frappes conjointes d’Israël et des États-Unis, lancées le 28 février contre Téhéran et plusieurs villes iraniennes, ont coûté la vie à l’ancien guide suprême Ali Khamenei, à de hauts responsables militaires et à plus de 3 000 civils.
L’Iran a riposté par des vagues de missiles et de drones visant Israël et les intérêts américains au Moyen-Orient, tout en renforçant son contrôle sur le détroit d’Ormuz. Une trêve de deux semaines est entrée en vigueur le 8 avril. De longues négociations entre délégations iranienne et américaine se sont tenues à Islamabad (Pakistan), mais n’ont pas abouti à un accord. L’Iran exige un cessez-le-feu régional permanent et un allègement des sanctions. Les États-Unis insistent sur un désarmement nucléaire vérifiable et la réouverture totale du détroit d’Ormuz.
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi dernier qu’il n’envisageait pas de prolonger le cessez-le-feu, tout en affirmant : «Deux jours extraordinaires nous attendent.» Il souhaite un accord global pour permettre à l’Iran de se reconstruire, estimant que «les radicaux ont été éliminés» et que l’Iran a désormais «un régime différent».
Selon Trump, la guerre est «sur le point» de s’achever et l’Iran «désespère» de conclure un accord. Le vice-président américain J. D. Vance, qui a mené les pourparlers de 21 heures à Islamabad, a affirmé mardi dernier qu’il tenterait d’obtenir un «accord de grande envergure» avec l’Iran. «Trump ne veut pas un accord mineur, mais un accord majeur», a-t-il déclaré, réaffirmant l’objectif : «l’Iran ne dispose pas d’arme nucléaire».
Selon CNN, une deuxième réunion pourrait avoir lieu au Pakistan dans les jours à venir, avec la participation de l’envoyé spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner. Trump a lui-même confié au New York Post que de nouveaux pourparlers «pourraient avoir lieu au cours des deux prochains jours». Washington propose une suspension de 20 ans des activités nucléaires iraniennes.
Téhéran a répondu par une contre-proposition de gel de cinq ans maximum, selon le New York Times. Trump a insisté : le point d’achoppement «concerne le nucléaire», et une priorité américaine est de récupérer l’uranium enrichi iranien.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a jugé mardi dernier «hautement probable» une reprise des pourparlers entre Washington et Téhéran.
Par ailleurs, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif effectuera du 15 au 18 avril des visites officielles en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie, pour discuter de coopération bilatérale et de sécurité régionale – des déplacements qui s’inscrivent dans un contexte diplomatique régional intense.
Malik M.
Guerre Iran-États-Unis: Un cessez-le-feu sous tension, Trump veut un accord «majeur»

