Ala faveur de sa présidence tournante du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour le mois d’août, l’Algérie a une nouvelle fois démontré sa capacité à fédérer les instances continentales autour d’un objectif commun : arrimer solidement la gouvernance démocratique à l’architecture africaine de paix et de sécurité. Alger a présidé la réunion consultative annuelle réunissant le Conseil, le sous-comité chargé des droits de l’homme, de la démocratie et de la gouvernance, ainsi que la structure africaine de gouvernance un exercice de coordination que la diplomatie algérienne pilote avec une constance
remarquée. Devant les représentants des différents organes de l’Union africaine, l’ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie, Mohamed Khaled, a plaidé pour une mutualisation des efforts et la fin des initiatives redondantes qui, trop souvent, dispersent l’énergie collective du continent.
Il a mis en avant les avancées concrètes obtenues sous l’impulsion algérienne, notamment l’élaboration d’une feuille de route commune reliant les mécanismes de gouvernance et de paix-sécurité, ainsi que le développement du modèle de déploiement rapide de l’Union africaine, conçu pour renforcer l’alerte précoce face aux crises et la réactivité continentale.
Le diplomate algérien a également insisté sur la nécessité de dépasser les engagements de principe pour construire des instruments opérationnels une ligne qui reflète la constance de la position d’Alger sur ce dossier. Il a réaffirmé que gouvernance, démocratie, droits de l’homme, paix et sécurité constituent des piliers indissociables, sans lesquels aucune stabilité durable ni développement réel ne peuvent s’enraciner sur le continent.
Les participants ont, par ailleurs, examiné les voies permettant de consolider l’application des instruments juridiques africains, au premier rang desquels la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, appelant les États encore réticents à achever son processus de ratification et à honorer leurs obligations de rapport périodique. Un appel a également été lancé pour dépasser la simple coordination annuelle et bâtir une coopération opérationnelle et pérenne, fondée sur des initiatives conjointes, un partage renforcé de l’information et une analyse mutualisée des risques autant de leviers pour combler les déficits persistants en matière de transparence, de redevabilité et d’efficacité institutionnelle.
La réunion a également permis d’amorcer les travaux préparatoires du thème de l’Union africaine pour 2028, consacré au renforcement des droits de l’homme, de la démocratie et de la gouvernance au service de l’Agenda 2063.
Les travaux se sont conclus sur un accord de principe autour d’une approche renouvelée celle d’une «Union africaine unifiée» destinée à décloisonner les architectures de gouvernance et de paix-sécurité.
Une conclusion qui illustre, une fois de plus, le rôle moteur que l’Algérie entend continuer à jouer dans la consolidation d’une gouvernance continentale plus cohérente et plus efficace.
Lotfi L.-E.
Gouvernance, paix et sécurité en Afrique: L’Algérie confirme son rôle de bâtisseur de consensus
