Face à l’urgence sanitaire qui sévit dans la bande de Ghaza, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé, vendredi dernier, un appel pressant à la mise en place de couloirs médicaux durables et sécurisés, afin de permettre l’évacuation des milliers de blessés et malades nécessitant des soins hors du territoire.
Selon l’organisation, une telle mesure «changerait la donne» pour des milliers de patients, dont des enfants, actuellement privés d’accès aux traitements vitaux.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le mouvement de résistance palestinien Hamas et l’entité sioniste, le 10 octobre, l’OMS a pu coordonner l’évacuation de 41 patients dans un état critique, accompagnés de 145 proches. Mais ce chiffre reste dérisoire au regard des besoins réels : près de 15 000 personnes, dont 4 000 enfants, attendent une évacuation médicale urgente. Rik Peeperkorn, représentant de l’OMS dans les territoires palestiniens, a appelé à l’ouverture immédiate et sans restriction de tous les points de passage de Ghaza, non seulement pour l’acheminement de l’aide humanitaire, mais aussi pour les évacuations sanitaires.
«Nous sommes prêts à porter le rythme des évacuations à un minimum de 50 patients par jour, en plus de leurs accompagnants, comme lors du précédent cessez-le-feu», a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Genève. À ce rythme, l’évacuation complète des patients nécessitant des soins prendrait près de dix ans, a averti M. Peeperkorn, soulignant l’absurdité d’un tel délai face à l’urgence médicale.
Il a insisté sur la nécessité de rouvrir les couloirs reliant Ghaza à la Cisjordanie et à El-Qods-Est, comme c’était le cas avant la guerre. «C’est vital et c’est la voie la plus économique. Si cette option redevenait possible, cela changerait réellement la donne , a-t-il affirmé.
L’ouverture du point de passage de Rafah, au sud de Ghaza, vers l’Égypte, est également cruciale. Elle permettrait aux patients d’être pris en charge sur place ou transférés vers des structures médicales dans d’autres pays. Pour l’OMS, il ne s’agit pas seulement d’une question logistique, mais d’un impératif humanitaire et moral. Alors que les infrastructures de santé de Ghaza sont à bout de souffle, que les hôpitaux sont débordés et que les médicaments manquent cruellement, l’appel de l’OMS résonne comme une alerte mondiale : il est temps d’agir, de rouvrir les couloirs de vie, et de redonner une chance aux milliers de civils pris au piège d’un blocus meurtrier .
Malik M.
Ghaza: L’OMS exige des couloirs médicaux permanents

