Près de 54% des médicaments essentiels sont actuellement indisponibles dans les hôpitaux de la bande de Ghaza, tandis que les stocks de 65% des consommables médicaux sont épuisés. Cette situation alarmante intervient après près de trois années d’agressions israéliennes contre le territoire, selon des sources sanitaires palestiniennes.
Ces mêmes sources indiquent qu’environ 70% des ambulances et des véhicules médicaux ont été détruits. Seuls 30% de la flotte restent opérationnels, alors que les besoins en évacuation des blessés ne cessent d’augmenter en raison de la poursuite des opérations militaires.
Le porte-parole de l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa, Khalil Al-Daqran, a déclaré à des médias palestiniens qu’environ la moitié des laboratoires de la bande de Ghaza sont désormais hors service.
Il a également précisé que la majorité des générateurs électriques, indispensables au fonctionnement des établissements hospitaliers, ont été détruits.
Selon lui, les autorités israéliennes n’ont pas autorisé l’entrée des pièces de rechange ni des huiles nécessaires à leur maintenance. «Le système de santé dans la bande de Ghaza a besoin de tout», a affirmé Al-Daqran, soulignant que la plupart des établissements de santé et des hôpitaux ont été détruits ou gravement endommagés, mettant un grand nombre d’entre eux hors service.
Il a décrit une situation «très difficile» dans les hôpitaux, en particulier dans les services vitaux qui dépendent entièrement de l’alimentation électrique, mettant en garde contre les risques majeurs encourus par les patients.
Le responsable a également indiqué qu’aucun appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM) n’est actuellement opérationnel dans les hôpitaux de la bande de Ghaza.
Il a ajouté qu’aucun nouvel équipement médical n’a été autorisé à entrer dans le territoire, malgré les besoins croissants du secteur de la santé.
Par ailleurs, les équipes médicales rencontrent d’importantes difficultés pour transporter les blessés et les malades vers les hôpitaux. Selon Al-Daqran, les établissements de santé n’ont reçu que des quantités limitées de certains produits non essentiels et de médicaments, insuffisantes pour répondre à l’ampleur des besoins. Face à l’afflux quotidien de victimes, les hôpitaux ne sont plus en mesure d’accueillir le nombre élevé de blessés, notamment les personnes souffrant de traumatismes graves à la tête et au thorax. Enfin, Khalil Al-Daqran a affirmé que plus de 1 700 membres du personnel médical ont été tués depuis le début de la guerre en octobre 2023, tandis que plus de 360 autres ont été arrêtés. Parmi eux, 83 professionnels de santé seraient toujours détenus dans des prisons israéliennes.
Il a également indiqué que plus de 20 000 malades et blessés de la bande de Ghaza nécessitent une évacuation vers l’étranger afin de recevoir des soins spécialisés.
Malik M.
Ghaza: Le système de santé au bord de l’effondrement
