Le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, Pedro Agudo, a tiré la sonnette d’alarme ce mercredi : environ 2,1 millions de Palestiniens à Ghaza sont confrontés à une crise humanitaire majeure liée à l’eau, dans un contexte de destruction massive des infrastructures hydrauliques.
Dans un communiqué relayé par l’agence de presse palestinienne Wafa, M. Agudo a dénoncé la destruction systématique des systèmes d’approvisionnement en eau par les forces d’occupation, affirmant que près de 70 % des infrastructures hydrauliques de Ghaza ont été anéanties. Il a souligné que l’accès à l’eau potable est désormais quasi inexistant pour la majorité de la population, qui ne dispose que de quantités extrêmement limitées d’eau, souvent contaminée, représentant un grave danger pour la santé publique.Le responsable onusien a qualifié cette situation de « bombe silencieuse mortelle », dénonçant une stratégie visant à utiliser l’eau comme arme de guerre.
Selon lui, les frappes ciblées sur les installations hydrauliques et le blocus prolongé ont non seulement détruit les capacités locales de purification et de distribution, mais aussi coupé l’accès au carburant indispensable au fonctionnement des stations de pompage et des usines de traitement.La crise de l’eau, a-t-il ajouté, s’inscrit dans un contexte plus large d’asphyxie : la nourriture, l’électricité et les produits de première nécessité sont également rationnés ou bloqués, aggravant une situation humanitaire déjà dramatique. Aujourd’hui, l’approvisionnement quotidien en eau à Ghaza est tombé à cinq litres par personne — un seuil bien en deçà des besoins minimums pour mener une vie digne.Pedro Agudo a appelé la communauté internationale à agir de toute urgence pour mettre fin à cette politique de punition collective, rappelant que le droit à l’eau est un droit fondamental, protégé par le droit international humanitaire.
Farid B.
Gaza : Une «bombe silencieuse» prive 2,1 millions de Palestiniens d’eau potable

