AGaza, le cauchemar humanitaire atteint des sommets insoutenables. Médecins Sans Frontières (MSF) et l’Office de secours des Nations Unies (UNRWA) tirent la sonnette d’alarme : la bande de Gaza, assiégée depuis des mois, est aujourd’hui le théâtre d’une catastrophe totale, où la famine, les violences et l’effondrement du système de santé se conjuguent pour broyer une population déjà meurtrie. Depuis la fin mai, le nombre de Palestiniens blessés par les tirs de l’armée israélienne a triplé, selon MSF.
Les centres de distribution alimentaire, censés offrir un minimum de répit aux civils, sont devenus des « zones de mort ». Le coordinateur médical adjoint de MSF à Gaza, Dr Mohammed Abu Mughaisib, décrit des scènes d’horreur : membres amputés, artères déchirées, fractures écrasées, infections graves… Les blessés affluent, mais les hôpitaux, décimés par des mois de guerre, ne peuvent plus répondre. « Ce qui reste du secteur de la santé n’est plus qu’un fragile squelette, et il fait maintenant face à un nouvel enfer », alerte-t-il. Beaucoup de blessés n’atteignent même plus les hôpitaux vivants.
Le bilan est accablant : 1924 civils tués en tentant d’obtenir de la nourriture, 14.000 blessés supplémentaires, et un appel désespéré à un cessez-le-feu immédiat et à un accès humanitaire sans entrave. Sans cela, prévient MSF, « il ne restera rien à sauver : ni hôpitaux, ni patients, ni avenir ».Parallèlement, l’UNRWA révèle une autre facette de cette tragédie : un million de femmes et de filles sont aujourd’hui menacées de famine, de violences et d’abus. La famine se propage rapidement dans l’enclave palestinienne, poussant les femmes à adopter des stratégies de survie de plus en plus périlleuses, comme s’aventurer à la recherche de nourriture et d’eau au risque d’être tuées.
L’agence onusienne appelle à la levée immédiate du blocus et à l’acheminement d’une aide humanitaire massive, alors que Gaza compte plus de deux millions d’habitants pris au piège. Les autorités sanitaires locales ont annoncé, samedi, 11 nouveaux décès liés à la famine, dont celui d’un enfant. Le bilan de la faim s’élève désormais à 251 morts, dont 108 enfants, victimes silencieuses d’un siège qui ne dit pas son nom. Depuis le début de l’agression militaire contre Gaza, le 7 octobre 2023, le bilan global s’est alourdi à 61.897 morts et 155.660 blessés, selon les chiffres officiels palestiniens .
Fateh H.
Gaza étouffe: Entre famine, bombardements et effondrement sanitaire, un peuple à l’agonie

