La défiance envers l’exécutif atteint des sommets, et aucun des noms évoqués pour succéder à François Bayrou ne parvient à convaincre.
À commencer par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, dont les ambitions de devenir Premier ministre semblent sérieusement compromises.
Près de 70% des Français interrogés rejettent sa possible nomination, un désaveu clair qui devrait le pousser à revoir ses prétentions politiques. La chute de François Bayrou, actée par sa démission officielle ce mardi, n’a surpris personne. Neuf mois après sa nomination, le vote de défiance de l’Assemblée nationale a scellé le sort d’un gouvernement fragilisé par des mesures budgétaires jugées antisociales et par une incapacité à enrayer les crises multiples qui secouent le pays.
Le déficit public, en constante aggravation, rend toute loi de finances difficile à élaborer sans coupes sévères, ce qui alimente la colère sociale et la rupture de confiance. Emmanuel Macron, bien qu’ayant tenté de se dissocier de l’échec de son Premier ministre, voit sa propre popularité s’effondrer.
Selon le même sondage, 64% des Français souhaitent sa démission ou sa destitution. Ce rejet dépasse les clivages politiques : 88% des électeurs du Rassemblement National et 66% de ceux du Nouveau Front Populaire appellent à son départ. Même au sein de son propre camp, des défections sont pressenties, rendant la tâche de désigner un successeur à Bayrou particulièrement ardue.
Les personnalités pressenties pour prendre la tête du gouvernement ne suscitent guère plus d’enthousiasme. Bruno Retailleau, connu pour ses prises de position virulentes contre l’Algérie, devrait quitter le gouvernement dans les prochains jours. Gérald Darmanin, Bernard Cazeneuve, Olivier Faure, Xavier Bertrand et Sébastien Lecornu ne recueillent chacun que des scores inférieurs à 27% d’opinions favorables. Le rejet est massif et transversal.Le sondage révèle également que 74% des Français approuvent le vote de défiance contre Bayrou, et 59% sont favorables à une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale, à peine un an après les législatives anticipées de 2024.
Plus encore, 71% des sondés plébiscitent l’idée d’un gouvernement de technocrates, composé d’experts indépendants plutôt que de ministres issus des partis politiques traditionnels. La crise de légitimité est profonde, et les options se réduisent. Le sondage Elabe ne fait que confirmer ce que beaucoup pressentaient : la France est en quête de rupture, pas de continuité .
Malik M.
France:Une défiance massive envers Macron et les prétendants à Matignon

