Longtemps considéré comme la référence en Algérie pour la formation et la vente de jeunes talents, le Paradou AC semble rencontrer des difficultés ces dernières années pour monétiser ses joueurs prometteurs. Le cas de Yacine Titraoui, dont le transfert en Europe traîne depuis deux ans, en
est l’illustration parfaite.
Après le transfert record de Ramy Bensebaini au Stade Rennais en 2016 pour 2 millions d’euros, le club de Hydra a réussi à engranger près de 15 millions d’euros grâce à la vente de ses pépites en sept ans, soit l’équivalent de quinze fois son budget annuel. Cependant, depuis 2019 et le gros pactole réalisé avec les transferts de Hicham Boudaoui (4 millions d’euros à Nice) et d’autres joueurs, les rentrées d’argent se sont considérablement taries.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette tendance. D’abord, la crise du Covid-19 a impacté le marché des transferts. Mais surtout, c’est la politique sportive du Paradou AC qui semble avoir freiné les ventes. Des transferts manqués comme celui de Hamza Mouali à Saint-Etienne en 2020, ou encore la perte à moindre coût de Zakaria Naidji, parti libre à Laval avant d’être revendu au Mouloudia d’Alger pour 200 000 euros, illustrent les difficultés rencontrées.
La principale pierre d’achoppement semble être la fameuse clause de 50%
à la revente réclamée quasi-systématiquement par le club algérien. Un taux jugé trop élevé par de nombreux acheteurs potentiels, qui décourage les transferts. Des joueurs comme Boudaoui, Zorgane ou Kadri peinent ainsi à faire évoluer leur carrière.
Le joyau actuel du Paradou, Yacine Titraoui, convoité notamment par Montpellier, se heurte également à ce problème de valorisation. Malgré son talent reconnu, les négociations buttent sur le prix demandé par le club algérien, ainsi que sur la fameuse clause à la revente. Si le Paradou AC a longtemps fait figure d’exemple en matière de formation et de vente de jeunes talents, il semble désormais payer au prix fort sa politique de valorisation parfois trop gourmande. Trouver le juste équilibre entre rentabilité et développement des carrières de ses pépites reste un défi majeur pour le club algérien.
R.S.
Foot : Le Paradou AC peine à vendre ses pépites à leur juste valeur

