Flambée des prix du gaz en Europe:Les tensions autour du détroit d’Ormuz inquiètent les marchés

Les prix du gaz naturel en Europe ont enregistré une nette progression ce lundi, dans un climat de tensions géopolitiques croissantes liées au revirement de l’Iran concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde pour le transport des hydrocarbures.
Sur le marché de référence européen, basé à Amsterdam, les contrats à terme du gaz naturel néerlandais, connus sous l’acronyme TTF (Title Transfer Facility), ont bondi d’environ 6% en séance.
Le mégawattheure s’échangeait ainsi à 48,26 dollars, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis plusieurs semaines. Cette hausse brutale traduit une nervosité croissante des investisseurs face aux risques pesant sur l’approvisionnement énergétique mondial.
Le détroit d’Ormuz, situé entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, est un point de passage obligé pour près de 20% du pétrole brut consommé dans le monde et pour une part significative du gaz naturel liquéfié (GNL). Toute menace pesant sur sa liberté de navigation a immédiatement des répercussions sur les marchés de l’énergie, comme ce fut le cas par le passé lors des précédentes crises entre l’Iran et les puissances occidentales.
Le récent recul de Téhéran, qui avait laissé entrevoir une possible désescalade, a ravivé les craintes d’un blocage ou d’un ralentissement des flux énergétiques dans cette zone hautement sensible. Les opérateurs redoutent désormais que cette nouvelle donne n’entraîne une hausse des coûts de transport, des retards de livraison ou une réduction des volumes disponibles sur le marché international.
L’Europe, déjà fragilisée par la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine et la réduction des livraisons de gaz russe, reste particulièrement vulnérable à toute perturbation des approvisionnements alternatifs.
Bien que le Vieux Continent ait diversifié ses sources d’importation, notamment vers le gaz naturel liquéfié en provenance du Qatar, des États-Unis ou de certains pays africains, une partie de ces flux transite par les voies maritimes du Moyen-Orient, rendant le détroit d’Ormuz toujours aussi stratégique.
Les analystes estiment que la situation pourrait encore évoluer dans les prochains jours en fonction des déclarations officielles iraniennes et des réactions de la communauté internationale.
En attendant, les marchés européens du gaz restent sous tension, et les prix pourraient poursuivre leur escalade si les signaux géopolitiques continuent de se dégrader.
Cette flambée intervient par ailleurs dans un contexte de reprise de la demande énergétique mondiale et de stocks européens qui, bien que relativement bien remplis avant l’hiver, ne mettent pas à l’abri d’une volatilité accrue en cas de nouvelle crise diplomatique ou militaire dans la région du golfe Persique.
Samira G.