Festival de la littérature et du cinéma féminins de Saïda: Une édition audacieuse au service de la création féminine

La neuvième édition du Festival de la littérature et du cinéma féminins de Saïda marque un tournant notable avec une programmation particulièrement étoffée. Inauguré dimanche dernier, l’événement propose durant toute une semaine un riche programme mêlant projections cinématographiques et rencontres littéraires, en présence d’écrivaines venues d’Algérie, de Tunisie et d’Espagne.
Placée sous le slogan «L’invisible fait l’image», cette édition rend hommage à la regrettée Biyouna (1952-2025), de son vrai nom Baya Bouzar. La cérémonie d’ouverture a été marquée par la projection d’un documentaire retraçant son parcours artistique, suivie du long métrage historique Ahmed Bey du réalisateur Jamel Choorjeh, présenté en présence de son équipe.
Le festival se distingue également par un programme littéraire dense, réunissant sept écrivaines autour de réflexions sur l’écriture féminine.
Parmi les temps forts figurent une rencontre poétique avec Karima Mokhtari et Wassila Boussis, ainsi qu’un échange avec l’écrivaine espagnole Ana Pellicer autour du thème «L’écriture espagnole au féminin entre tradition et modernité».
D’autres voix importantes prennent part à ces rencontres, telles que Tassadit Hariz, Manel Benchouk, la Palestinienne Suzane El Kenz, ainsi que les Tunisiennes Wafa Ghorbel et Amira Ghenim.
Un panel intitulé «Écrire le monde aujourd’hui : voix féminines et récits contemporains» vient enrichir
ces débats. Parallèlement, plusieurs master class et ateliers spécialisés dans les métiers du cinéma sont proposés, en plus du programme «Bourse Zermani», dédié à l’accompagnement des jeunes auteurs dans l’écriture de scénarios.
Le jury de ce programme est composé de la designer Amina Ménia et des comédiennes Meriem Medjkane et Mina Lachter.
Côté compétitions, le jury des courts métrages est présidé par Rachid Benallal, accompagné de Sara Bertima et Feryel Qasmi Issiakhem, tandis que celui des longs métrages est dirigé par Nadia Kaci, aux côtés de Rahma Kobar et Maïssa Bey.
Le jury du prix du roman littéraire réunit, quant à lui, Amina Bellali et Makhlouf Amer.
La programmation cinématographique s’annonce tout aussi riche, avec la projection de films algériens tels que Poupya de Yacine Bouaziz, Roqia de Yanis Koussim, Hadda de Ahmed Riad et Tempêtes de Danya Reymond.
Les courts métrages ne sont pas en reste avec des œuvres comme Niya d’Imene Ayadi, Les Gardiens de la nuit de Nina Khedda ou encore Collatéral de Yazid Yettou.
Le cinéma palestinien est également à l’honneur avec la projection de Palestine 36 de Ann Marie Jacir, ainsi qu’une série de courts métrages intitulée Femmes à distance zéro.
Lors de l’ouverture, le commissaire du festival, Karim Moulay, a souligné que cette manifestation s’inscrit dans une dynamique de soutien à la création féminine et de promotion de la présence des femmes dans les sphères littéraire et cinématographique.
Il a rappelé que le festival constitue un véritable espace d’expression et d’échange, favorisant l’émergence de nouveaux talents et la mise en lumière des enjeux et aspirations des femmes à travers l’art.
Amina S.