Alors que la situation humanitaire à Gaza atteint un point de non-retour, le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé une aide vitale de la Russie : 30 000 tonnes de blé destinées à atténuer la famine organisée par l’occupation israélienne.
Ce don intervient dans un contexte où le gouvernement de Netanyahou utilise systématiquement la privation de nourriture, d’eau et de médicaments comme arme de guerre, en bloquant l’essentiel de l’aide humanitaire.
Une crise planifiée, une résistance inébranlable
Lors de la 32e session du Conseil central de l’OLP à Ramallah, Abbas a dénoncé avec fermeté ce qu’il a qualifié de « guerre d’extermination » menée par Israël contre la population de Gaza. Il a rappelé que cette stratégie de siège et de famine s’inscrit dans une logique coloniale visant à briser la résistance palestinienne et à vider progressivement la terre de ses habitants. « Derrière les discours sécuritaires, Israël poursuit un objectif clair : rendre Gaza invivable pour pousser à un nouvel exode massif », a-t-il déclaré, tout en saluant la détermination des Gazaouis qui, malgré les bombardements et la famine, refusent de quitter leur terre.
Netanyahou, fossoyeur de la paix
Le dirigeant palestinien a pointé du doigt la responsabilité personnelle de Benjamin Netanyahu dans la prolongation du conflit. « Le premier ministre israélien a besoin de la guerre pour survivre politiquement. Chaque jour de bombardements est un jour de plus pour détourner l’attention de ses échecs et de ses scandales judiciaires », a-t-il analysé. Abbas a appelé la communauté internationale, et particulièrement les Etats-Unis et l’Europe, à cesser leur complaisance envers Israël et à imposer des sanctions concrètes pour faire cesser ce qu’il qualifie de « génocide en direct ».
Réformer l’OLP, préparer l’après-guerre
Sur le front politique interne, le président de l’Autorité palestinienne a évoqué la nécessité d’une profonde réforme de l’OLP, notamment par la création d’un poste de vice-président du comité exécutif. « Nous devons moderniser nos institutions pour mieux représenter toutes les composantes du peuple palestinien, y compris les réfugiés et les habitants de Gaza », a-t-il expliqué. Cette annonce intervient alors que des voix critiques s’élèvent contre la marginalisation de Gaza dans les instances décisionnelles palestiniennes.
Le pillage économique, une arme de l’occupation
Abbas a également dénoncé avec virulence le blocus financier imposé par Israël, qui a confisqué ces dernières années plus de deux milliards de dollars de fonds palestiniens. « C’est un vol organisé, une tentative délibérée d’asphyxier notre économie et notre capacité à gouverner », a-t-il dénoncé, appelant à des mécanismes internationaux pour protéger les finances palestiniennes. Il a rappelé que ces fonds, issus notamment des taxes collectées par Israël pour le compte de l’Autorité palestinienne, sont vitaux pour payer les salaires des fonctionnaires et maintenir les services publics.
Vers une reconnaissance internationale
Réaffirmant son engagement en faveur d’une solution à deux Etats, Abbas a insisté sur l’urgence d’une conférence internationale de paix impliquant toutes les parties prenantes. « La paix ne viendra pas des manoeuvres unilatérales israéliennes ni des accords de normalisation qui ignorent nos droits fondamentaux », a-t-il prévenu. Le dirigeant palestinien a annoncé une intensification des efforts pour obtenir une reconnaissance pleine et entière de la Palestine à l’ONU, avec le soutien notamment des pays du Sud global. En conclusion, Abbas a lancé un message d’espoir : « Malgré l’horreur, notre peuple tient debout. Gaza résiste, et la Palestine tout entière se souviendra de ceux qui, comme la Russie aujourd’hui, ont tendu la main quand d’autres détournaient le regard. » Un appel à la solidarité internationale qui résonne alors que les Nations unies alertent sur un risque imminent de famine généralisée dans l’enclave palestinienne .
R.I.

