Face à l’Algérie souveraine: La France dans l’impasse mémorielle

Alors que l’Algérie affirme sa pleine souveraineté sur la scène internationale, la France semble engluée dans un débat stérile sur son passé colonial. Une conférence prévue le 3 octobre, analysant les continuités entre les méthodes du maréchal Bugeaud et les postures actuelles de figures comme Bruno Retailleau, révèle l’incapacité française à tourner la page.
Plutôt que de reconnaître les crimes coloniaux et d’envisager des relations apaisées avec une nation désormais libre, certains cercles politiques français cultivent une nostalgie toxique de «l’Algérie française». Cette fixation pathétique sur un empire révolu trahit un profond malaise : Paris ne sait plus comment dialoguer d’égal à égal avec Alger. Le vide stratégique est flagrant. Tandis que l’Algérie construit son avenir et exige légitimement la vérité sur les archives, notamment nucléaires, la France
se complaît dans le déni et les polémiques historiques. Les tentatives de réhabilitation du colonialisme, et les vives polémiques qu’ont provoquées les prises de position d’un journaliste comme Aphatie, pourtant critiques envers la politique mémorielle française, montrent à quel point certaines élites françaises refusent d’admettre que l’Algérie a conquis sa liberté. Cette rencontre d’historiens vient rappeler une évidence que la France a du mal à digérer : l’Algérie n’est plus et ne sera plus jamais une colonie. Son peuple a payé le prix du sang pour son indépendance, et aucune manipulation mémorielle ne pourra effacer cette réalité. La véritable question n’est plus de savoir comment la France gère son passé, mais si elle est capable d’accepter le présent : une Algérie forte, souveraine, et qui n’a plus de leçons à recevoir .
R. Tiar