L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, vendredi dernier, une résolution d’une portée significative. Ce texte appelle explicitement l’entité sioniste à garantir dans l’immédiat un accès humanitaire complet et sans entrave à la bande de Ghaza.
Il lui demande également de respecter l’inviolabilité des locaux et des personnels des Nations unies en Palestine et d’adhérer pleinement à ses obligations découlant du droit international, notamment du droit humanitaire et des droits de l’homme.
Cette résolution s’appuie directement et renforce l’avis consultatif historique rendu récemment par la Cour internationale de Justice (CIJ). La Cour avait été saisie pour préciser les obligations juridiques de l’entité sioniste en sa qualité de puissance occupante et d’État membre des Nations unies.
L’Assemblée générale, par ce vote, opérationnalise en quelque sorte cet avis en exigeant sa traduction en actions concrètes sur le terrain. Elle souligne que la situation catastrophique à Ghaza et l’expansion coloniale en Cisjordanie occupée constituent des violations flagrantes de ce cadre juridique, mettant en péril toute perspective de paix durable.
Le projet de résolution, présenté par la Norvège et parrainé par plusieurs autres nations, a recueilli une large adhésion au sein de la communauté internationale. Le résultat du vote est éloquent : 139 voix pour, 12 voix contre et 19 abstentions. Cette majorité écrasante reflète un consensus mondial croissant sur la nécessité d’une action urgente pour mettre fin à la crise humanitaire et aux violations du droit international, et illustre l’isolement diplomatique des États s’opposant à ces principes fondamentaux.
Une année 2025 marquée par une violence et une colonisation record, selon l’ONU
Avant le vote, l’ambassadrice Merete Vihl Bratstad, représentante permanente de la Norvège auprès des Nations unies, a dressé un tableau sombre et alarmant de la situation actuelle. Elle a averti que l’année 2024 a été l’une des plus violentes des trois dernières décennies, et que 2025 suit la même trajectoire dévastatrice, sans aucun signe d’amélioration pour l’année à venir.
«La situation en Palestine occupée est particulièrement préoccupante», a-t-elle insisté, soulignant que ce sont toujours les civils palestiniens qui «paient le plus lourd tribut». Elle a déploré que «le respect des principes humanitaires s’érode» et que «les fondements du droit humanitaire sont soumis à une pression immense». La diplomate a également rappelé que la procédure consultative devant la CIJ est un outil essentiel pour clarifier les responsabilités juridiques et établir les faits devant la conscience universelle.
Cet état des lieux critique est corroboré par un rapport accablant du Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, transmis aux membres du Conseil de sécurité.
Le document révèle que l’expansion des colonies sionistes illégales en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est occupée, a atteint un niveau record en 2025.
«En 2025, les indicateurs de l’avancée de la colonisation sioniste ont atteint leur niveau le plus haut depuis que les Nations unies ont commencé à systématiquement surveiller ces avancées en 2017», écrit le chef de l’ONU. Les chiffres sont sans appel : les plans pour près de 47 390 unités de logement dans les colonies ont été avancés, approuvés ou présentés, comparé à quelque 26 170 en 2024. Cette frénésie de construction représente un quasi-doublement en un an et contraste violemment avec la moyenne d’environ 12 800 unités par an entre 2017 et 2022.
Antonio Guterres condamne avec force cette politique. «Je condamne l’expansion implacable de la colonisation sioniste en Cisjordanie occupée, y compris Al Qods occupée, qui continue à alimenter les tensions, empêcher l’accès des Palestiniens à leur terre et menace la viabilité d’un État palestinien totalement indépendant, démocratique, continu et souverain», insiste-t-il.
Le rapport dénonce par ailleurs une augmentation alarmante et concomitante des violences commises par les colons sionistes contre les civils palestiniens, leurs biens et leurs terres.
Guterres note avec une profonde inquiétude que ces attaques se produisent souvent en présence ou avec le soutien des forces de sécurité sionistes, créant un climat d’impunité et de terreur qui vise à déplacer les communautés palestiniennes de leurs foyers ancestraux.
En conclusion, la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies intervient à un moment critique. Elle constitue une réponse politique directe à l’aggravation exponentielle de la crise humanitaire à Ghaza et à l’accélération brutale de la colonisation en Cisjordanie.
En s’appuyant sur l’autorité juridique de la CIJ et sur les constats accablants de son propre Secrétaire général, l’ONU dans son ensemble envoie un message clair : la communauté internationale ne peut rester silencieuse face à des actions qui sapent les bases du droit international, rendent impossible la solution à deux États et plongent une population entière dans la souffrance et le désespoir.
La pression pour une mise en conformité immédiate avec les obligations légales et humanitaires est désormais formalisée et portée par la majorité des nations du monde.
Malik M.

