Le gouvernement soudanais a formellement rejeté, dimanche, un rapport soutenu par les Nations Unies qui alerte sur la propagation de la famine dans cinq régions du pays.
Cette situation fait suite à 20 mois de conflit meurtrier entre l’armée gouvernementale et les Forces de soutien rapide (FSR). Selon le système de classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC), utilisé par les agences de l’ONU, 638 000 personnes sont actuellement confrontées à des niveaux de faim catastrophiques, tandis que 8,1 millions d’autres se trouvent au bord de la famine. Ce rapport, publié mardi dernier, décrit une situation humanitaire particulièrement alarmante. Dans un communiqué, le ministère soudanais des Affaires étrangères a rejeté ces conclusions, estimant qu’elles reposaient sur des
spéculations. Le gouvernement a également reproché à l’IPC de ne pas avoir consulté son équipe technique ni d’avoir accès à des données récentes provenant du terrain avant la publication.
Ce refus intervient alors que l’organisation International Rescue Committee (IRC) a récemment qualifié la crise soudanaise de pire catastrophe humanitaire jamais enregistrée dans le pays. Depuis le début du conflit en avril 2023, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et plus de 12 millions ont été déplacées. D’après les Nations unies, près de 25 millions de Soudanais, soit environ la moitié de la population, sont confrontés à des niveaux aigus d’insécurité alimentaire.
Alors que le conflit continue d’exacerber la détresse humanitaire, l’écart entre la réalité du terrain et les évaluations officielles reste une source de désaccord .
Malik.M.
Extension de la famine dans le pays : Le Soudan rejette un rapport de l’ONU

