Espagne : Une régularisation exemplaire de 500 000 migrants

Dans un contexte européen marqué par la fermeture des frontières et le durcissement des politiques migratoires, l’Espagne se distingue par une décision audacieuse et résolument tournée vers l’avenir : le gouvernement de Pedro Sánchez s’apprête à régulariser près de 500 000 migrants en situation irrégulière.
Une initiative à la fois humaine, responsable et stratégiquement bénéfique pour le pays.Fruit d’une mobilisation citoyenne ayant recueilli plus de 800 000 signatures, cette mesure figure désormais à l’agenda du Parlement espagnol, avec une adoption prévue d’ici septembre. Elle s’adresse aux personnes présentes sur le territoire espagnol avant le 31 décembre dernier, sous réserve de l’absence d’antécédents judiciaires graves. D’autres critères d’éligibilité seront définis dans les prochaines semaines.Au-delà de sa portée humanitaire, cette régularisation répond à une nécessité économique urgente. L’Espagne, confrontée au vieillissement de sa population et à une pénurie de main-d’œuvre dans des secteurs vitaux comme le tourisme, la construction ou l’aide à la personne, voit dans cette démarche un levier pour stabiliser son économie et intégrer durablement des travailleurs déjà présents et souvent indispensables.
« Sans immigrés, l’économie ne tourne pas », résume le sénateur Gabriel Colomé, proche du Premier ministre, qui souligne que l’Espagne propose un modèle alternatif : celui d’une intégration organisée et digne, en rupture avec les logiques d’exclusion qui prévalent ailleurs en Europe.Cette approche reçoit un large soutien au sein de la société espagnole. L’Église catholique, par la voix de Luis Arguello, président de la Conférence épiscopale, a salué cette initiative en appelant à placer la dignité humaine au cœur des politiques migratoires. Il a plaidé pour une reconnaissance pleine et juste des enfants, des femmes et des travailleurs qui vivent dans la précarité, souvent dans l’ombre.Même au sein de la droite conservatrice, traditionnellement plus réservée sur ces questions, la régularisation n’est pas rejetée, dès lors qu’elle est alignée avec les besoins du marché du travail.
Seule l’extrême droite espagnole s’y oppose catégoriquement, fidèle à une vision fermée et restrictive de l’immigration.Avec cette initiative, l’Espagne confirme sa volonté de bâtir une société plus solidaire, plus inclusive et mieux préparée aux défis démographiques et économiques du XXIe siècle. Un choix courageux qui pourrait bien inspirer d’autres pays européens .

Fateh H.

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