Encore des signes de reprise entre l’Algérie et la France:Vers un déplacement de Nuñez à Alger

Tout semble aller très vite entre Alger et Paris au lendemain de la libération de l’écrivain Boualem Sansal, par grâce présidentielle dans un geste humanitaire d’Abdelmadjid Tebboune, sur sollicitation de son homologue allemand. Pour preuve, le ministre français de l’Intérieur pense déjà à un déplacement en Algérie en décembre prochain mais sans donner plus de détails.
En effet, Laurent Nuñez a affirmé ce qu’il avait déjà déclaré il y a quelques jours, à savoir l’invitation qu’il a reçue de la part de Saïd Sayoud, ministre de l’Intérieur et des Transports, affichant son optimisme pour la suite. Intérogé, hier, dans un entretien accordé à La Tribune du dimanche, le locataire Place Bauveau, a dit son sentiment d’être quelqu’un d’apprécié en Algérie, contrairement donc à son prédécesseur, Bruno Retailleau qui lui, faisait tout pour aggraver son image pour attirer un éléctorat d’extrême droite en France.
«Ce qui a permis de renouer avec l’Algérie, c’est d’abord notre volonté affichée au sein du gouvernement de rediscuter. C’est cette posture que j’ai aussi adoptée dès mon arrivée au ministère», a-t-il déclaré d’emblée, ajoutant être d’«origines pieds-noirs».
«Je crois être apprécié en Algérie, pays avec lequel j’ai toujours beaucoup travaillé, que ce soit quand j’étais à la tête de la DGSI ou comme coordinateur du renseignement», a encore déclaré Nuñez dont la nomination dans l’Exécutif de Sébastien Lecornu «y a été plutôt bien reçue» à Alger.
Sur ses contacts avec son homologue algérien, Laurent Nuñez a réitéré que «la main a été tendue et elle a été saisie ». «Maintenant, il faut rester prudent, s’inscrire dans une méthode de calme, de respect et d’exigence, sans complaisance ni naïveté », a-t-il enchaîné pour se démarquer de l’ex-ministre français de l’Intérieur, et néanmoins patron des LR qui a fait du dossier Algérie son tremplin pour arriver à l’élysée en 2027. Nuñez lui, n’a aucune ambition politique et il le dit ouvertement : «Je ne vise rien pour 2027».
Plus pragmatique que ce dernier, le locataire de place Bauveau estime que la France a besoin de l’Algérie dans plusieurs dossiers sensibles, notamment la lutte contre l’immigration clandestine et la coopération sécuritaire. «On a besoin que les Algériens reprennent leurs ressortissants en situation irrégulière (..) Nous avons besoin de rouvrir les canaux de sécurité avec l’Algérie, qui est un acteur majeur dans la lutte
antiterroriste notamment», a clairement expliqué Laurent Nuñez qui, à l’évoquation de son déplacement en décembre à Alger, dira : «Je dois en discuter avec mon homologue qui m’a transmis une invitation à laquelle j’ai répondu favorablement», non sans souhaiter que le journaliste français Christophe Gleizes, dont le procès en appel est prévu le 3 décembre, «soit, lui aussi, libéré».
Une telle visite, si elle venait à se concrétiser, mettrait fin à la crise Algérie-France et signerait le retour aux relations normales. Attendons pour voir .
Farid B.