En hommage à la figure emblématique du cinéma algérien: Lancement du grand prix Mohamed Lakhdar Hamina

Jeudi dernier, l’Opéra d’Alger Boualem Bessaïh a accueilli une soirée d’hommage sobre et émouvante à la mémoire de Mohamed Lakhdar Hamina, figure emblématique du cinéma algérien, disparu à l’âge de 95 ans. Ce moment de recueillement coïncidait symboliquement avec la célébration des cinquante ans de sa Palme d’or obtenue en 1975 pour Chronique des années de braise, et quelques jours seulement après la projection du film en version restaurée 4K à Cannes Classics 2025, en présence de son fils Malik.
Le destin a voulu que l’Algérie perde ce géant de l’image au moment même où son œuvre retrouvait la lumière des projecteurs internationaux. Restauré grâce au soutien de la George Lucas Family Foundation, de The Film Foundation, de l’Unesco et de la FEPACI, Chronique des années de braise fera son grand retour dans les salles algériennes en août, avant de sortir en France à l’automne. Un souhait cher à ses fils, désireux de transmettre l’héritage de leur père aux nouvelles générations.Ce chef-d’œuvre, fresque magistrale retraçant l’évolution du Mouvement national algérien de 1939 au déclenchement de la Révolution, a non seulement couronné le talent d’un cinéaste visionnaire, mais inscrit pour la première et unique fois l’Afrique au palmarès suprême du Festival de Cannes. À travers cette œuvre, Lakhdar Hamina a capté l’âme d’un peuple en lutte, son éveil politique, sa résistance au colonialisme, et sa quête de dignité.
Cinéaste, mais aussi producteur et acteur, il participe à de nombreuses productions prestigieuses, dont Z de Costa-Gavras ou Le Bal d’Ettore Scola. Il a également fait plusieurs caméos dans ses films, dont Chronique des années de braise, où il incarne Miloud, un conteur marginal porteur d’une vérité ignorée. Réalisateur profondément ancré dans les combats de son peuple, Lakhdar Hamina a su mettre l’image au service de la cause nationale, de la mémoire collective et d’une vision cinématographique audacieuse et universelle. Son œuvre, immense et multiforme, mérite d’être non seulement préservée, mais également étudiée et diffusée, notamment dans les établissements scolaires et culturels à travers le pays.Sa disparition laisse un vide immense, mais son cinéma continue de vivre, comme un miroir lumineux tendu à l’Histoire et à l’âme algérienne .
A.S.

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