En attendant le Plan d’action du gouvernement: Le Parlement en sursis

Plus d’une semaine après l’ouverture de la session parlementaire ordinaire annuelle, les deux chambres de l’institution législative tournent au ralenti. L’Assemblée populaire nationale (APN) et le Conseil de la nation n’ont pas encore arrêté leur agenda des prochaines séances plénières consacrées à la présentation de projets de loi, au débat et aux questions orales adressées aux ministres. Les deux présidents desdites chambres se contentent jusque-là d’activités protocolaires et de journées thématiques.
Azouz Nasri a reçu, lundi dernier l’ambassadeur de Malaisie en Algérie, qui lui a rendu une visite de courtoisie et devra recevoir ce matin celui du royaume de Bahreïn. Brahim Boughali a, quant à lui, reçu l’ambassadeur d’Iran en Algérie. Plusieurs journées parlementaires ont été organisées dans les deux hémicycles, tandis que des députés et sénateurs ont eu à participer à l’intérieur du pays comme à l’étranger, dans des événements autour de différentes questions.
Cette situation trouve ses raisons dans le changement du gouvernement. Il faut rappeler qu’à la veille de l’ouverture de la session parlementaire, le 15 septembre dernier, Sifi Ghrieb a été confirmé en poste de Premier ministre par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a nommé les membres de son gouvernement, soit le 14 septembre. Un nouvel Exécutif suppose une nouvelle feuille de route.
Chose qui s’est déclinée à l’occasion du premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement, tenu dimanche dernier, sous la présidence du chef de l’état. Ce dernier a tracé la ligne de conduite de la nouvelle équipe de l’Exécutif, l’appelant à «tirer les enseignements des expériences passées et aller de l’avant en s’appuyant sur les approches ayant démontré leur efficacité et leur efficience
au profit des citoyens». Le Président Tebboune a, par ailleurs, ordonné «de préparer des exposés et des plans d’action sectoriels» qui seront présentés lors des prochaines réunions du Conseil des ministres. C’est dire que le Parlement, dont le travail dépend en grande partie de l’Exécutif qui lui soumet ses projets de loi, a été pris dans le bain du remaniement. Lequel nécessite encore quelques jours pour que les nouveaux ministres s’installent et tracent leurs feuilles de route, desquelles se décline le plan d’action du gouvernement. Et c’est là qu’intervient une disposition de la Constitution (Art 106) qui dispose que «Le Premier ministre soumet le plan d’action du Gouvernement à l’approbation de l’Assemblée Populaire Nationale. Celle-ci ouvre à cet effet un débat général ». Une question demeure donc posée : Sifi Ghrieb se présentera-t-il devant les députés pour défendre son plan et se soumettra-t-il au jeu des questions-réponses ? Si oui, le retard pris par les deux chambres du Parlement à entamer le travail législatif, trouve alors son explication. En attendant que Ghrieb descende dans l’hémicycle Zighoud-Youcef, la majorité des députés continue de profiter de jours de repos .
Farid B.