Alors que le Partis des travailleurs (PT), le Front des forces socialistes (FFS), l’Union pour le changement et le progrès (UCP), en plus du parti islamiste le Mouvement de la société pour la paix (MSP), ont décidé de prendre part à l’élection présidentielle anticipée du 7 septembre, deux formations politiques de l’opposition font l’impasse sur le rendez-vous. Il s’agit de Jil Jadid et du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dont le conseil national devra se réunir à la fin du mois en cours pour rendre publique sa position. Toutefois, de sources fiables du parti d’Atmane Mazouz, l’on apprend que la tendance qui se dégage est plutôt pour « un boycott passif ». En pratique, le RCD ne va pas faire dans la contre campagne ni appeler les algériens à rejeter l’élection, « un peu comme Jil Jadid d’ailleurs », nous dit-on encore.
Rappelons que le parti de Djilali Soufiane a appelé, en début de ce mois de juin, les citoyens «à participer à la vie nationale », estimant que les élections présidentielles « devront être une première étape pour faire revivre l’esprit citoyen en votant, chacun selon sa conscience et son choix». Une forme de « ni boycott ni participation » qui rappelle les positions déjà prises par le passé par le FFS et le RCD. Le contexte particulier qui entoure la tenue des élections, notamment sur le plan régional et les défis qui s’imposent à l’Algérie, semblent avoir brisé cette tradition chez le vieux parti de l’opposition qui participe avec son candidat, le premier secrétaire national, Youcef Aouchiche en l’occurrence.
Si pour Jil Jadid qui admet qu’un deuxième mandat du Président Abdelmadjid Tebboune, « s’impose de fait » et qu’il faudra désormais connaître « les engagements politiques » du prochain mandat qui doit être celui d’un « véritable débat sur le bilan de l’Algérie indépendante et les réformes à introduire à la lumière d’un projet de société objectif et cohérent », au sein du RCD, les arguments que le parti va faire valoir pour expliquer sa position ne sont pas encore connu.
Éventuellement, le Conseil national pourrait évoquer « les conditions » du déroulement de cette élection qui, comme l’a déjà indiqué Atmane Mazouz, « ne sont pas réunies ». Mais, l’on sait déjà que le parti, depuis le départ de Mohcine Belabbas et l’arrivée de l’ancien député Atmane Mazouz aux commandes il y a exactement deux ans (Juin 2022), le RCD n’est plus ce qu’il était.
Une grande partie des partisans de Belabbas qui avait soutenu la candidature de Mourad Biatour à la présidence du parti, se trouve un peu à l’écart du cercle de décision. Bien qu’aucune crise interne ne soit dévoilée au grand jour, il n’en demeure pas moins que sur le plan organique et de la mobilisation, ce n’est pas la bonne forme comme sous Mohcine Belabbas.
Ainsi, il est quasiment impossible pour le RCD de choisir la participation aux élections présidentielles, ni même leur boycott dans une forme active. Il se contentera alors d’exprimer son désintéressement ou d’appeler à une participation citoyenne chacun selon sa conscience et ses convictions .
Farid B.
Election présidentielle du 7 septembre: Le RCD sur la voie de Jil Jadid

