Dissolution de «La Jeune Garde»: Une manœuvre politique au service de l’extrême droite ?

Le fondateur du collectif antifasciste «La Jeune Garde», Raphaël Arnault, a vivement dénoncé la décision du ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, de dissoudre simultanément son organisation et le groupe néonazi «Lyon Populaire».
Une mesure qu’il considère comme profondément injuste et révélatrice d’un alignement politique préoccupant du gouvernement sur les positions de l’extrême droite.Dans un entretien accordé à Médiapart, Arnault, également député de La France Insoumise (LFI), a fustigé une décision «absurde sur le plan politique», qui revient à établir un parallèle choquant entre des militants engagés contre le fascisme et des groupuscules néonazis responsables d’agressions violentes, notamment à l’arme blanche. «Nous mettre sur le même plan que des individus qui ont poignardé des gens, c’est politiquement insensé et moralement indéfendable», s’est-il indigné.Ce qui scandalise encore davantage le député, c’est que cette dissolution serait, selon lui, le fruit d’une pression directe exercée par des mouvements néonazis eux-mêmes, relayée ensuite par le Rassemblement national.
Une requête à laquelle le ministre de l’Intérieur aurait donné suite sans hésitation, renforçant ainsi le sentiment d’un climat politique de plus en plus hostile à la lutte contre l’extrême droite.
Raphaël Arnault accuse clairement Retailleau de servir un «agenda politique raciste», estimant que le ministre multiplie les gestes favorables aux revendications d’une droite de plus en plus radicalisée.
«Il fait de plus en plus de passes décisives à l’extrême droite», a-t-il affirmé, rappelant que cette décision survient alors même que des actes de violence raciste, attribués à des sympathisants du RN ou de groupuscules néonazis, se multiplient en France.Pour le fondateur de «La Jeune Garde», cette attaque institutionnelle contre l’antifascisme ne fera que renforcer la détermination des militants. «Si Bruno Retailleau espérait nous faire taire, il est mal tombé. L’antifascisme ne se limite pas à un seul collectif.
C’est une idée, un combat partagé par toutes celles et ceux qui croient en la justice sociale, l’égalité et les droits humains.»En dissolvant un groupe antifasciste tout en tolérant l’impunité de groupes haineux, le gouvernement français donne l’image d’un pouvoir qui piétine les principes fondamentaux de la République, au profit d’un calcul politique à courte vue .

Fateh H.