Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) dresse un constat accablant de la situation dans la bande de Ghaza. Deux ans après le début d’un conflit dévastateur, les conditions de vie y restent catastrophiques, et l’ampleur des besoins dépasse désormais radicalement les capacités de réponse de la communauté humanitaire internationale. Cet écart criant est directement attribué aux obstacles persistants et structurels que l’occupation israélienne oppose aux opérations de secours. L’ONU identifie plusieurs entraves majeures qui paralysent son action. Au premier plan, une insécurité chronique, couplée à des procédures de dédouanement kafkaïennes aux points de passage.
Les retards injustifiés et les refus récurrents d’autoriser l’entrée de marchandises essentielles sont la norme, tandis que le nombre dérisoirement faible de routes ouvertes à l’intérieur de l’enclave complique toute logistique. Cet ensemble de restrictions asphyxie particulièrement les efforts pour fournir les biens les plus critiques : des abris, de l’eau potable, des systèmes d’assainissement, des articles d’hygiène et du
matériel éducatif.
L’OCHA alerte spécifiquement sur la question de l’accès et de la circulation interne, qu’il qualifie de «problème grave» et permanent. Les chiffres sont éloquents : entre le 13 octobre et le 4 décembre, les autorités israéliennes ont bloqué la participation de 295 contractuels, 28 employés onusiens et 21 travailleurs de santé aux missions humanitaires de l’ONU à Ghaza. Cela représente en moyenne près de 7 missions compromises chaque jour. Ces interdictions arbitraires ont des conséquences opérationnelles lourdes. Elles désorganisent en profondeur la planification humanitaire, forçant les agences et leurs partenaires à improviser des ajustements de dernière minute. Ce chaos administratif se solde trop souvent par une réduction drastique des capacités d’intervention sur le terrain, voire par l’annulation pure et simple des missions lorsqu’aucun personnel de remplacement ne peut être trouvé à temps. Cette paralysie orchestrée perpétue ainsi une crise humanitaire dont les civils paient le prix ultime.
Malik M.
Deux ans de crise, un accès systématiquement entravé: Étouffement humanitaire à Ghaza

