Les tensions autour du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite habituellement un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondial, sont de nouveau vives. Hier samedi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a déclaré que les États-Unis «ne peuvent imposer un siège» sur cette zone sensible, après que Téhéran a annoncé avoir rétabli un «contrôle strict» du détroit en réaction au maintien du blocus américain.
«Les Américains ne peuvent imposer leur volonté de faire le siège de l’Iran alors même que ce dernier, animé de bonnes intentions, s’efforce de faciliter le passage en toute sécurité à travers le détroit d’Ormuz», a affirmé M. Khatibzadeh à des journalistes, en marge d’un forum diplomatique à Antalya, dans le sud de la Turquie.
La veille, l’Iran avait annoncé rouvrir complètement le détroit aux navires commerciaux. Mais Téhéran est revenu sur cette décision, dénonçant la poursuite du blocus américain.
Dans un communiqué, le commandement des forces armées iraniennes a accusé Washington de se livrer «à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus», violant ainsi un engagement américain à autoriser le passage «d’un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux».
«Pour cette raison, la situation est revenue à son état antérieur, et ce passage stratégique est désormais placé sous le contrôle strict de l’Iran», a ajouté la même source.
Vendredi dernier, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait salué l’annonce iranienne selon laquelle le détroit resterait «totalement ouvert» à tous les navires commerciaux pendant la durée restante du cessez-le-feu.
Il avait qualifié cette décision d’«étape dans la bonne direction», tout en rappelant la nécessité d’un «rétablissement complet des droits et libertés de navigation internationaux dans le détroit d’Ormuz, respectés par tous».
Son porte-parole, Stéphane Dujarric, a indiqué que M. Guterres restait «pleinement favorable» aux initiatives diplomatiques, notamment celles facilitées par le Pakistan, pour trouver une issue pacifique au conflit au Moyen-Orient. hier samedi, le président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a prévenu sur X : «Si le blocus se poursuit, le détroit d’Ormuz ne restera pas ouvert.»
Il a ajouté que tout franchissement du détroit par des navires devrait de toute manière se faire avec «l’autorisation de l’Iran».
Parallèlement, l’organisation de l’aviation civile iranienne a annoncé la réouverture partielle de l’espace aérien de l’est du pays aux vols internationaux à partir de 7 h (3 h 30 GMT), après sa fermeture le 28 février. Selon FlightRadar24, aucun appareil ne survolait encore l’Iran peu avant 7 h GMT.
De son côté, le président américain Donald Trump a confirmé que le blocus imposé aux ports iraniens se poursuivrait, avertissant que les attaques pourraient reprendre en l’absence d’un accord avec Téhéran. L’Iran a par ailleurs nié avoir accepté le transfert de ses stocks d’uranium hautement enrichi n
Malik M.
Détroit d’Ormuz: Nouveau bras de fer entre l’Iran et les États-Unis

