Cuba–États-Unis: Une souveraineté non négociable face à l’anachronisme du blocus

Dans un entretien accordé à NBC News, Carlos Fernández de Cossío a réaffirmé avec une clarté sans équivoque la ligne constante de Cuba : la souveraineté ne se négocie pas, et un dialogue avec les États-Unis ne saurait s’envisager que sur la base de l’égalité et du respect mutuel. Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par plus de six décennies de blocus économique imposé par Washington, un embargo unilatéral régulièrement condamné par la communauté internationale.
Chaque année, l’Assemblée générale des Nations unies adopte, à une écrasante majorité, une résolution appelant à sa levée, consacrant l’isolement diplomatique des États-Unis sur ce dossier.
Ce dispositif de coercition, l’un des plus longs de l’histoire contemporaine, vise explicitement à asphyxier l’économie cubaine.
Les déclarations du haut responsable cubain revêtent dans ce cadre une portée particulière.
Elles rappellent d’abord un principe fondamental du droit international : Cuba est un État souverain, et son système politique, ses institutions et ses choix internes relèvent de sa seule volonté nationale.
Exiger de La Havane qu’elle négocie sur la nature de son régime reviendrait à imposer une tutelle étrangère, incompatible avec les fondements de l’ordre international. Mais au-delà du principe, l’entretien met en lumière les conséquences concrètes de cette politique.
Les entraves aux échanges, les sanctions visant les partenaires commerciaux de l’île, notamment dans le secteur énergétique, aggravent une situation déjà fragile.
Les pénuries de carburant, directement imputables aux pressions exercées sur les pays fournisseurs, paralysent des secteurs vitaux, y compris le système de santé.
Des dizaines de milliers d’interventions médicales ont ainsi été retardées. Derrière les chiffres se dessine une réalité humaine : celle d’une population soumise aux effets d’une stratégie de pression maximale assumée. Face à cet état de fait, La Havane adopte une posture à la fois ferme et ouverte.
Ferme sur ses principes rejet de toute ingérence, préparation à toutes les éventualités, y compris militaires, mais ouverte au dialogue et à la coopération. Carlos Fernández de Cossío a ainsi souligné les nombreux domaines où une entente est possible : migration, lutte contre le narcotrafic, sécurité régionale, échanges économiques.
Une approche pragmatique qui contraste avec la rigidité des sanctions unilatérales.
Cet entretien réaffirme en définitive une réalité trop souvent occultée : Cuba ne constitue ni une menace militaire, ni un adversaire stratégique pour les États-Unis.
M. M.